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À l’aéroport de Roissy, un laser pour détecter les personnes sans masque

Rédigé par la rédaction le 16 Mai 2020 à 19:09

La technologie Outsight permet de détecter les personnes, non pas de les identifier Outsight
La technologie Outsight permet de détecter les personnes, non pas de les identifier Outsight

Alors que l’utilisation de la reconnaissance faciale sur l’espace public suscite de plus en plus d’inquiétudes, Outsight a développé une technologie permettant de reconnaître une personne qui n’a pas de masque d’une autre qui en porte, tout en garantissant le respect de la vie privée.

«Nous avons commencé à développer notre technologie pour l’industrie automobile, avec de premières applications pour Faurecia, ciblant le marché des véhicules autonomes», explique Raoul Bravo, président en cofondateur de Outsight. Face à l’épidémie de Coronavirus et à l’émergence de nouveaux impératifs, la start-up a fait évoluer sa caméra «3D sémantique» pour l’adapter à ces nouveaux besoins. Son «Laser autonome» permet «d’identifier et de suivre des caractéristiques liées à des individus, comme le non-port de masque». La technologie de Outsight commence à être déployée par ADP, dans le terminal 2 E à Roissy.

«Notre technologie sert à comprendre comment se déplacent des flux de personnes, où sont les points de congestion», explique Raoul Bravo. En effet, les applications vont au-delà de la détection du port du masque. Cette technologie permet de retrouver les objets ou les personnes présentant une caractéristique donnée dans une foule, en l’occurrence, l’absence de masque. Elle est aussi utilisée pour détecter les files d’attente et accompagner ADP dans ses efforts plus fluidifier les déplacements des passagers dans les aérogares. «Nos caméras laser peuvent embarquer d’autres fonctionnalités, comme la prise de température», ajoute Raoul Bravo.

Respect de la vie privée

Autre particularité du Laser de Outsight, il est respectueux de la vie privée. En effet, il s’agit d’un laser et non pas d’une caméra. Les visages ne sont donc pas reconnus. Il n’y a pas de constitution de banques d’images, ni de risques d’atteinte à la vie privée. «Ce n’est pas une caméra, le laser ne reconnaît pas les personnes», insiste Raoul Bravo. Une caméra capte la lumière tandis que la technologie laser émet de la lumière. Cela fonctionne comme un radar - ou plus précisément un lidar - qui analyse les formes par ricochet des ondes émises.

 

La start-up vise désormais à étendre son champ d’action. Elle a reçu des marques d’intérêts de nombreux opérateurs de transports, essentiellement à l’étranger. «Notre technologie est particulièrement adaptée pour la gestion des trains et des métros», ajoute Raoul Bravo. De quoi donner quelques perspectives de développement à la start-up. Créée il y a tout juste un an, elle emploie désormais trente-cinq personnes.

lefigaro.fr