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Jeudi 10 Septembre 2026

Bracelets électroniques : un fournisseur placé sous mandat de dépôt dans l’enquête financière


L’enquête sur les marchés liés aux bracelets électroniques, évalués à plus de 11 milliards de francs CFA, prend une nouvelle dimension. Alors que l’ancien directeur des Finances pénitentiaires Moussa Seydi a de nouveau été entendu par les juges du Pool judiciaire financier, un fournisseur convoqué dans le dossier a été placé sous mandat de dépôt.



L’enquête judiciaire sur le marché des bracelets électroniques connaît un nouveau développement. Selon les informations rapportées par L’Observateur, Moussa Seydi, ancien directeur des Finances, du Budget, du Matériel et des Infrastructures pénitentiaires, a été extrait de sa cellule pour être entendu par le collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier.

Au cours de son audition, l’ancien responsable aurait maintenu sa ligne de défense et contesté les faits qui lui sont reprochés. Il aurait notamment soutenu que les dépenses relatives à la formation, à la maintenance et aux différentes prestations prévues dans le cadre des marchés avaient été exécutées conformément aux procédures.

À l’issue de son audition, Moussa Seydi a été reconduit en détention.

Un fournisseur placé sous mandat de dépôt

Dans le même dossier, un fournisseur convoqué par les enquêteurs a également connu un développement judiciaire important. D’après le quotidien du Groupe futurs médias, celui-ci a été placé sous mandat de dépôt pour complicité présumée de détournement de deniers publics.

Cette nouvelle mesure intervient alors que les investigations se poursuivent sur les conditions d’exécution des contrats portant sur l’acquisition et la gestion des bracelets électroniques destinés à l’Administration pénitentiaire.

Cinq chefs d’inculpation contre Moussa Seydi

Le réquisitoire introductif du procureur financier retient contre Moussa Seydi plusieurs infractions présumées. Il est notamment visé pour détournement de deniers publics portant sur plus de 5 milliards de francs CFA, escroquerie sur deniers publics pour plus de 3 milliards, faux en écriture publique authentique, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux.

Le parquet s’intéresse particulièrement à une avance de démarrage de 1,377 milliard de francs CFA, ainsi qu’à un différentiel présenté comme inexpliqué de 3,633 milliards de francs CFA.

La défense de l’ancien responsable rejette toutefois ces accusations et estime que les éléments réunis contre son client ne permettent pas, à ce stade, d’établir les charges qui lui sont reprochées.

Deux marchés au cœur du dossier

L’affaire concerne deux contrats conclus entre le ministère de la Justice et la société Colombe Cyber Defense Operations Center, dirigée par El Hadji Gora Diop Guèye.

Le premier marché, conclu en 2020, s’élevait à 6,88 milliards de francs CFA et portait sur la fourniture de 1 000 bracelets électroniques. Un second contrat, signé en 2023, atteignait 5,34 milliards de francs CFA pour une quantité équivalente.

Les investigations auraient cependant mis en évidence des anomalies concernant la réception des équipements. La totalité des bracelets prévus dans les contrats n’aurait pas été réceptionnée par l’Administration pénitentiaire.

Par ailleurs, 214 bracelets parmi ceux effectivement livrés auraient présenté des défaillances techniques, selon les éléments rapportés par la presse.

L’instruction devra désormais permettre de déterminer les responsabilités éventuelles dans la gestion de ces marchés et de faire la lumière sur les différentes opérations financières et techniques dénoncées par le parquet.

À ce stade, les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle décision judiciaire définitive.