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Ceuta: le Premier ministre espagnol dédouane encore le Maroc mais réitère la souveraineté de son pays

Rédigé par leral.net le Jeudi 3 Septembre 2026 à 11:42 | | 0 commentaire(s)|

Pedro Sanchez a de nouveau assuré ce 3 septembre 2026 n'avoir aucune « preuve solide » d'une éventuelle implication du Maroc dans la crise migratoire de Ceuta, tout en condamnant fermement des déclarations de ministres marocains revendiquant la souveraineté sur ce territoire. L’éventuel rôle de Rabat dans l'entrée soudaine de dizaines de milliers de migrants dans l'enclave les 30 et 31 juillet est au cœur des débats en Espagne depuis un mois. Interrogations encore renforcées le 2 septembre par la fuite dans la presse d'un rapport policier pointant notamment la « permissivité » des forces de l'ordre marocaines ces deux jours-là.


Ceuta: le Premier ministre espagnol dédouane encore le Maroc mais réitère la souveraineté de son pays
Au sujet de l'afflux massif de migrants des 30 et 31 juillet dernier à Ceuta, le Premier ministre espagnol maintient sa ligne. Devant les députés, à Madrid, ce jeudi matin, Pedro Sanchez redit n'avoir aucune « preuve solide » de l'implication des autorités marocaines.

Un discours contesté par l'opposition espagnole de droite et d'extrême droite, et fragilisé également par un rapport de la police espagnole, consulté mercredi par plusieurs médias.

Ce rapport n'impute aucunement aux autorités du Maroc la responsabilité de l'arrivée de dizaines de milliers de personnes en deux jours sur le territoire espagnol. Mais il pointe un faisceau d'indices convergeant vers une attitude des policiers marocains permissive, voire même facilitant le passage des migrants.

L’unité de renseignement espagnol qui a enquêté note ainsi une absence de « tentative sérieuse » des forces de l'ordre marocaines d'éloigner la foule du « périmètre frontalier », ainsi qu’une aide de la part de certains policiers indiquant aux migrants où passer.

Les enquêteurs s'intéressent aussi à une catégorie d'individus observés sur plusieurs vidéos : sans uniforme, mais aux profils semblables (athlétiques, t-shirts et polos neutres, pantalons longs, casquettes). Au milieu des migrants, ils semblent jouer un rôle de gestionnaires du flot d'individus.

Autant d'éléments, selon le rapport, incompatibles avec un mouvement de masse purement spontané. Ce document renforce les interrogations d'une partie de la classe politique espagnole.

Pedro Sanchez, s'il continue de dédouaner Rabat, promet aussi d'agir « avec fermeté » si des preuves solides de l'implication marocaine existent. Et il a condamné les déclarations récentes des deux ministres marocains revendiquant la marocanité de Ceuta et de Melilla.

Deux villes où Pedro Sanchez appelle le roi d’Espagne à se rendre dans les prochaines semaines. La dernière visite d'un souverain espagnol, en 2007, avait entraîné une crise diplomatique avec le Maroc qui considère ces deux territoires comme occupés par l'Espagne, même si le Maroc ne porte pas cette revendication devant l'ONU et se focalise sur le Sahara occidental.

Sur ce dossier, Madrid soutient le plan d'une autonomie sous souveraineté marocaine. Mais en juillet, le Premier ministre espagnol était en Algérie et certains analystes estiment que l'afflux de migrants des 30 et 31 juillet pourrait être un message de Rabat envoyé à Madrid.

Sur le plan humain, si la majorité des migrants arrivés à Ceuta fin-juillet sont repartis, quelque 5 000 selon le gouvernement central (10 000 selon les autorités locales) y sont encore présents.

Rfi