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Comment l’épidémie Coronavirus démontre à nouveau les inégalités sociales.

Nous assistons à une période inédite, quelque chose de fort et de très symbolique de la violence libérale. Cette manifestation de la domination physique et morale s’exerçant sur une partie de la population trouve sa preuve dans les images qui circulent depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, tous ces gens qui dévalisent les rayons de pâtes dans les supermarchés par peur de se retrouver sans rien à manger pendant la période de confinement. Ces images caractérisent la société toute entière, autant que des individus distincts. L’épidémie de Coronavirus illustre bel et bien à nouveau les inégalités sociales dont l’État s’emploie à voiler ou nier la réalité. Le Covid-19 est un révélateur évident et violent d’un état de fait : la concentration des richesses au sommet de notre société et leur inégale répartition.


Rédigé par leral.net le Samedi 28 Mars 2020 à 16:13 | | 0 commentaire(s)|

Coronavirus et l’inégalité sociale : la démonstration par l’épidémie.
La composante économique des inégalités est fondamentale Même si elles sont multidimensionnelles, et il faut bien sûr prendre en compte cette dimension, même si il y a des degrés et des étapes dans la fragilité économique, il n’en reste pas moins qu’elles sont cumulatives. Les inégalités renvoient à l’idée des rôles sociaux, et de la différence fondamentale entre dominants et dominés. C’est une composante de base, pré-imaginée, pré-déterminée de la société où nous vivons.
Jadis, dans les quartiers populaires de la France, les gens ne vivaient pas toujours de leurs salaires. Aujourd’hui, ils n’en vivent pas non plus, même quand une partie bénéficie d’aides sociales. Leur travail ne les rend pas autonomes. Dans les quartiers où on les relègue, ils n’en peuvent plus, eux et leurs familles. Ils sont en quelque sorte condamnés à l’échec. C’est que aussi que certains, «premiers de cordée », se satisfont très bien des inégalités, pire, théorisent leur nécessité. Tout va bien pour eux, merci. C’est une manière de se différencier des autres. Ainsi, faut-il encore le souligner, s’installe une déstabilisation profonde des classes pauvres quand les salaires ne permettent plus de vivre décemment. Et pauvres entre les pauvres, ces jeunes de 20 à 25 ans toujours dépendant de leurs parents.
Et en période d’épidémie ? En apparence, la santé de tous est exposée au même danger de contagion, voire de décès. Mais les inégalités agissent toujours et peut-être davantage. Pour en revenir aux images d’assaut des rayons ces derniers jours, on constate qu’elles témoignent à leur manière de l’assignation des individus à leurs origine et à leur classe.
L’école est comme une machine à favoriser et à reproduire les inégalités.
Avec le confinement, instauré pour lutter contre la propagation du virus, les inégalités liées au capital culturel sont plus grandes encore dans la mesure où l’accès à certains établissements scolaires est doublement contrôlé par le capital économique. Les inégalités se perpétuent. Actuellement, qu’on le veuille ou non, l’école est comme une machine à favoriser et à reproduire les inégalités. Durant cette période de confinement, certains enfants issus des quartiers populaires n’ont pas des chances égales de suivre les cours à distance. Les enfants des milieux aisés, élèves d’établissements mieux dotés en matériel, et surtout très généralement possesseurs en famille d’ordinateurs personnels, d’abonnement internet, ont ce privilège. Que se passe-t-il quand des enfants n’ont pas accès chez eux, faute de moyens, aux outils informatiques par lesquels les cours, le savoir devrait actuellement leur parvenir. [Et comment feraient-ils pour lire, comme on leur conseille si bien ces jours-ci quand il s’entassent dans des appartements trop exigus pour des familles nombreuses, sans possibilité de se concentrer, sans explications d’appoint, indispensables, de leurs parents eux-mêmes illettrés ou jamais scolarisés en français ? Combien sont-ils dans ce cas ? Des dizaines de milliers pour le moins. Pour eux, la règle c’est l’ennui, jusqu’à l’écœurement. Ces enfants, leurs vies me touchent à cœur et me bouleversent. Et je trouve insupportables les discours moralisants sur le fait qu’on respecterait moins bien dans nos banlieues la loi commune, que des inconscients laisseraient leurs enfants sortir, au mépris de leur santé et de l’intérêt général. J’ai ajouté çà car je l’ai entendu et ça va dans votre sens.
Depuis si longtemps, les politiques publiques ont échoué à résorber les écarts sociaux. Emmanuel Macron avait parfois déclaré porter une vision d’égalité [!!!]. Ceux qui l’ont cru ont vite mesuré le creux de ses formules. Si aujourd’hui, le virus ne se colle pas uniquement sur les pauvres, il rend plus voyante, en l’accroissant encore, leur précarité constitutive, économique donc culturelle. De cette crise, que sortira-t-il ? Une seule certitude, il faut que cela change.

Kab Niang





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