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Focus sur la vie d'El Hadj Amadou Déme de Sokone


Rédigé par leral.net le Lundi 26 Juin 2017 à 08:39 commentaire(s)|

Focus sur la vie d'El Hadj Amadou Déme de Sokone

El Hadj Amadou Dème (rta) est né d’un père paysan et pasteur, Mamadou Lamine Bara Dème et de Aminata Bana. Après une enfance mouvementée, il étudia le Coran et s’adonna entièrement à l’enseignement du saint Coran et à la pratique de la religion. 


Il s’exprimait en sept langues parmi lesquelles l’arabe, le pulaar, le mandingue, le wolof. Il reçut plusieurs distinctions honorifiques du Sénégal : chevalier et commandeur de l’Ordre National. Décédé le 10 décembre 1973, il est enterré à l’ouest de la mosquée de Sokone qui porte son nom et qui a été classée monument historique2 par le gouvernement sénégalais.
1890 
D’un père paysan et pasteur (Mamadou Lamine Bara DEME), Amadou naquit vers cette date à Mankano en Casamance, près de Ndjendé (Sédhiou). Sa naissance a coïncidé avec « la case du scorpion ». 
Ses années d’enfance furent très mouvementées.
1891 
Séjour à Ndiobène Gallo au Sine-Saloum, près de Ndoffane Laghem, avec son père et sa mère.
1892 
Passage de Cheikhou Oumar Foutiyou TALL à Ndiobène Gallo. Il y prenait un de ses disciples.
1893 
Mort de son père Mamadou Lamine Bara DEME à Ndiobène Gallo.
-Séjour à Keur Ama Niébé au Sine-Saloum, près de Ndiédieng. 
A la mort de son père, son grand père Tafsir Ama Niébé vient le chercher avec sa mère Aminata DIALLO.
1894 
Séjour à Sare Yoro Rata près de Keur Madiabel
1895 
- Séjour à Bane Velor près de Ndiaffate au Sine-Saloum. 
- Mort de son grand-père à Bane Velor. Sa mère Aminata DIALLO retourne avec lui à Gagué Chérif, à 27 km de Foundiougne.
Il avait alors 5 ans. Il n’avait pas encore fréquenté l’école coranique, mais son père lui avait déjà acheté une tablette. 
Sa mère lui acheta son premier Coran sur l’argent qu’elle gagnait en filant.
1896 
- Début des études coraniques à Koudom dans l’arrondissement de Ndiédieng au Sine-Saloum avec comme premier maître Tafsir GADIO.
Son grand-père paternel Mor Yacine DEME arrive de Gouye Soukh situé au Cayor, précisément dans l’arrondissement de Médina Dakhar. Il décida de l’amener pour pouvoir surveiller ses études coraniques. 
- Séjour à Gouye Soukh. Etudes coraniques chez maître Mor Yacine DEME, son grand-père.
1902 
Il termine ses études coraniques à 12 ans et revient à Gagué Chérif. 
Connaissant parfaitement le Coran, il décida alors d’aller au Fouta Toro pour se cultiver
1903 
Séjour au Fouta 
En 4 ans, il séjourna successivement à : 
- Médina Ndiathbé (Podor): avec comme maître Alpha Mamadou Aw. Il apprit le livre « RISSALA ». 
- Walaldé près de Kaskas (Podor) avec comme maître Thierno Ibrahima Aw, frère de Alpha Mamadou Aw. Il apprit l’astronomie et les mathématiques ainsi que la Tariqa Tijaniya. 
- Nguidjilone (Matam) avec comme troisième maître Thierno Yoro Bal. Il apprit « HAMZIYA ».
Les grandes dates de l'histoire d'El Hadj Amadou Déme de Sokone
1904 
Retour à Gagué Chérif 
Il se prépara alors à affronter la vie, cette vie qui ne sera pas de tout repos pour lui. 
Il décida d’aller s’installer à Bambougar à 5 km de Sokone.
1906 
Séjour à Bambougar 
Il enseignait le Coran et cultivait la terre. Après 2 ans, il vit en rêve un lieu qui lui était indiqué comme lieu de résidence. Ce fut son déplacement à Sokone.
1907 
Arrivée à Sokone où il trouva comme hôtes Birame DIOUF, Serigne Saliou DIA, Elhadji Abdourahmane SY, Ibrahima BADIANE, Souleymane DIASSE, Momath THIAM COUMBA, Coly SENGHOR, Mor THIAM, Alioune FAYE, Issa DIANE, Mbagnick DIOP, pour ne citer que ceux-là.
Ses activités furent les mêmes qu’à Bambougar : enseigner le Coran et cultiver la terre. 
En plus de ses enfants, il eut de nombreux talibés et finalement ses terres de Sokone ne suffirent plus. Ainsi, il allèrent passer l’hivernage à Ndiayène (14 km de Sokone) ou à Keur Yoro DIOP (9 km de Sokone) et revinrent pendant la saison sèche.
1922-1923 
Il effectua le pèlerinage à la Mecque et étudia à Bagdad le rite Malékite et enseigna à Acre (Palestine).
1939 
Le travail de la terre ne l’écarta jamais de la religion. 
Il prit la décision de réaliser une oeuvre unique en son genre, intitulée : DIYAOU NAYIRAYNI, un commentaire du Coran qui revêt un caractère universel car toutes les branches du savoir humain y sont abordées : mathématiques, astronomie, sociologie, philosophie, géographie, etc.
1947 
Il fonda son propre village qui porta le nom de Médina Elhadji Amadou DEME ou Ndémène à 7 km de Sokone.
1949 
La première mouture de l’œuvre fut achevée.
1951 
Toujours en fonction du nombre de ses disciples, il fonda un second village Ndémène II. Les disciples s’organisèrent et créèrent des champs collectifs pour le dispenser des travaux champêtres. Un jour, il recensa 55 champs. 
Cependant, il se contenta du produit de ses champs personnels pour nourrir sa famille et distribua la production totale des 55 champs aux nécessiteux. D’ailleurs, dans le souci de libérer les disciples, il leur proposa un jour de mettre fin à ces champs collectifs mais se heurta à leur refus catégorique.
1952 
Elhadji Ahmadou DEME s’adonna entièrement à l’enseignement du Coran et à la pratique de la religion et y travailla à plein temps. Le matin, jusqu’ à 14h 30 mn : Commentaire du Coran De 15h 30 mn au crépuscule : Enseignement du Coran.
1959 
Il termina la correction de son oeuvre et la mouture finale.
1960 
Le 4 avril (coïncidence avec la fête de l’indépendance), l’œuvre fut publiée par deux de ses amis : Ibou DIOP SANDICOLY et Elhadji Ousseynou SECK. Le Gouvernement, dirigé alors par Monsieur Mamadou DIA, donna l’ordre de l’imprimer. 
L’œuvre fut envoyée à Tanger au Maroc mais considérant la grandeur d’une telle entreprise, l’imprimeur réclama l’aval du Gouvernement sénégalais.
1961 
Le Gouvernement du Sénégal envoya alors le nommé Chérif NDIAYE à Tanger mais l’imprimeur trouva l’œuvre gigantesque (20 volumes de 2 kg et 450 pages chacun) et déclina son offre.
1962 
L’œuvre fut transférée au Caire. M. Mahmoud Saltoute, Recteur de l’Universite Al Azar du Caire, demanda que l’œuvre soit vérifiée avant d’être imprimée. Douze (12) érudits furent choisis et chacun dans son domaine de compétence, pour examiner l’œuvre. Ils n’y décelèrent aucune erreur. Ils furent tellement contents qu’ils renoncèrent à la prime de 250 livres égyptiennes qu’ils réclamaient pour faire le travail.
Elhadji Ahmadou DEME mourut le 10 décembre 1973 à 22 heures et fut enterré à l’ouest de sa mosquée. Il reçut de son vivant toutes les distinctions honorifiques du Sénégal : Chevalier- Commandeur de l’Ordre National.



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