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Fonds spéciaux : Guy Marius Sagna s’oppose aux six amendements du gouvernement

En pleine session extraordinaire de l’Assemblée nationale, Guy Marius Sagna hausse le ton sur la réforme des fonds spéciaux. Le député dénonce les six amendements introduits par le gouvernement, qu’il qualifie de « guérilla gouvernementale », et appelle à un encadrement strict de ces ressources.


Rédigé par leral.net le Samedi 15 Août 2026 à 02:32 | | 1 commentaire(s)|

Le débat sur le régime juridique des fonds spéciaux prend une nouvelle tournure à l’Assemblée nationale. Co-auteur d’une proposition de loi consacrée à cette question, le député Guy Marius Sagna a vivement critiqué les six amendements déposés par le gouvernement lors de l’examen du texte en commission.

Face à la presse, aux côtés du groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes, l’élu a réaffirmé que l’encadrement des fonds spéciaux constitue, selon lui, un engagement ancien de Pastef, remontant à 2014.

« Six amendements, c’est une guérilla »

Guy Marius Sagna estime que les amendements introduits par le gouvernement pourraient modifier profondément l’esprit de la proposition de loi portée par les députés.

Il parle ainsi de « guérilla gouvernementale », tout en précisant que son objectif n’est pas de supprimer les ressources destinées aux opérations sensibles de l’État.

Selon lui, ces fonds doivent être strictement réservés aux questions de sécurité, de défense et de protection de l’intégrité territoriale, avec des mécanismes de contrôle adaptés.

Un engagement revendiqué depuis 2014

Le député rejette également l’idée selon laquelle Pastef aurait découvert la question des fonds spéciaux après son arrivée au pouvoir.

Il rappelle que la réforme figurait déjà, selon lui, parmi les engagements du parti depuis 2014. Il évoque également le projet de campagne présidentielle de 2024 porté par Bassirou Diomaye Faye, qui prévoyait la suppression des fonds politiques au profit de fonds spéciaux votés par l’Assemblée nationale.

Guy Marius Sagna plaide notamment pour un contrôle a posteriori des dépenses sensibles à travers une structure composée de parlementaires assermentés.

La position d’Ousmane Sonko évoquée

Le député est également revenu sur la position d’Ousmane Sonko. Il réfute l’idée que l’ancien Premier ministre aurait attendu son départ de la Primature pour se prononcer sur la question des fonds politiques.

Selon son récit, Sonko aurait interpellé l’Assemblée nationale le jour même de son limogeage, estimant notamment que le président Bassirou Diomaye Faye commettait une erreur sur cette question.

Guy Marius Sagna affirme, de son côté, avoir travaillé sur le sujet bien avant. Il indique avoir transmis une proposition de loi en septembre 2025 au président de son groupe parlementaire et avoir alerté la direction du parti.

Vers une nouvelle proposition de loi

Pour le député, la bataille actuelle doit permettre de définir un cadre juridique plus clair pour les fonds spéciaux.

Il annonce également une nouvelle proposition de loi destinée à compléter le dispositif relatif aux crédits spéciaux. Celle-ci devrait notamment prévoir des mécanismes permettant de mettre ces ressources à la disposition de structures chargées de gérer les opérations sensibles.

Avec les six amendements gouvernementaux, le dossier des fonds spéciaux s’impose ainsi comme un nouveau point de friction au sein de la majorité, sur fond de débat autour de la transparence, du contrôle parlementaire et du respect des engagements politiques.