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Guinée-Bissau : les électeurs votent ce dimanche sur une nouvelle Constitution

Le texte instaurerait un régime présidentiel, neuf mois après le coup d'État de novembre 2025

Rédigé par leral.net le Dimanche 30 Août 2026 à 11:20 | | 0 commentaire(s)|

Les Bissau-Guinéens sont appelés aux urnes ce dimanche 30 août pour se prononcer par oui ou par non sur une nouvelle Constitution. Le texte, adopté par le Conseil national de transition après le coup d'État de novembre 2025, ferait passer le pays d'un régime parlementaire à un régime présidentiel.


Les électeurs de la Guinée-Bissau se rendent aux urnes ce dimanche 30 août 2026. Une question unique leur est posée : approuvent-ils l'entrée en vigueur de la nouvelle Constitution adoptée par le Conseil national de transition ? Le scrutin se déroule au suffrage universel direct et secret, sur l'ensemble du territoire.

La consultation a été convoquée par décret du président de la transition, le général Horta N'Tam, le 6 juillet dernier. Selon les autorités bissau-guinéennes, la Cour suprême de justice a rendu un avis favorable à sa tenue.

Ce que change le texte

La réforme abandonne le système parlementaire en vigueur au profit d'un régime présidentiel. Le chef de l'État y gagne des prérogatives considérables : nomination directe du Premier ministre et des membres du gouvernement, et pouvoir de dissoudre le Parlement. C'est une rupture institutionnelle majeure pour un pays qui fonctionnait jusqu'ici sur un équilibre entre présidence et Assemblée.

Une transition ouverte par un coup d'État

Le référendum intervient neuf mois après le coup d'État militaire du 26 novembre 2025, survenu trois jours après des élections générales dont les résultats n'avaient pas encore été proclamés. Le président sortant Umaro Sissoco Embaló avait été renversé et le processus électoral suspendu.

Des élections présidentielle et législatives sont annoncées pour le 6 décembre 2026, censées refermer la transition et ramener un pouvoir civil.

Une légitimité contestée

La démarche ne fait pas l'unanimité. Des observateurs contestent la capacité juridique d'autorités issues d'un coup d'État à modifier la Loi fondamentale. La CEDEAO, qui avait rejeté le chronogramme de transition proposé par les militaires, suit le dossier de près.

Dans un message à la nation diffusé fin août, le président de la transition a appelé ses compatriotes à une participation massive et ordonnée, présentant le vote comme une responsabilité citoyenne.

Pour le Sénégal, l'issue de ce scrutin n'est pas indifférente : la Guinée-Bissau est un voisin immédiat, lié à Dakar par la Casamance, les échanges commerciaux et une longue histoire commune de médiations politiques.

Ce que Leral a déjà écrit sur ce dossier

Le 26 août, notre rédaction rapportait, sur la foi de sources bissau-guinéennes, que l'opposition rejetait la tenue de ce référendum : Renforcement des pouvoirs présidentiels : la junte militaire organise un référendum malgré le refus de l'opposition.

Sur la position sénégalaise et régionale, lire également : le soutien réaffirmé à une transition apaisée et au retour à l'ordre constitutionnel.

Photo d'illustration : bureau de vote, archives Leral.net. Aucune image du scrutin bissau-guinéen n'était disponible dans nos archives à l'heure de publication.

Sources : décret n°19/2026 de la présidence de la transition bissau-guinéenne ; AFP ; Agence Ecofin ; Africa Radio. Résultats non encore proclamés à l'heure de publication.