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MACKY À QUITTE OU DOUBLE

Le limogeage et/ou mise à l’écart de Mimi Touré, Amadou Bâ et autre Aly Ngouille Ndiaye ne risquent-ils pas d’être préjudiciables à Macky Sall et à son parti, en l’occurrence l’Apr? Surtout pour les Locales qi se profilent. La question ne cesse de turlupiner, compte tenu en particulier du pesant électoral, avéré ou non, ou du statut dans le parti de ces diverses personnalités défénestrées par le patron de l’Apr. Questions : L’arrivée d’Idrissa Seck de Rewmi dans la majorité présidentielle en vaut-il le coup ? Mieux, la guéguerre feutrée autour du 3ème mandat n’est-elle pas en train de saborder les bases de l’Apr? A plus ou moins long terme, Macky n’est-il pas en train de favoriser une potentielle rébellion interne dans l’Apr? Le moins que l’on puisse dire, c’est que le maître du jeu semble jouer gros dans cette nouvelle reconfiguration du champ politique consécutive à l’ouverture de son gouvernement et au limogeage de quelques-uns de ses proches collaborateurs.


Rédigé par leral.net le Lundi 16 Novembre 2020 à 11:39 | | 0 commentaire(s)|

MACKY À QUITTE OU DOUBLE
Mise à l’écart de la dame de fer Aminata Touré : Macky perd une directrice de campagne

Accusée à tort ou à raison par certains membres du régime d’avoir des ambitions présidentielles pour 2024, Aminata Touré a été limogée de la tête du Conseil économique, social et environnemental (Cese) au profit de son ennemi juré, Idrissa Seck, du parti Rewmi. Même si pour l’instant, la «Dame de fer» ne s’est pas prononcée sur son avenir politique qu’elle compte bien poursuivre, il reste évident que le président Macky Sall perd à coup sûr une Directrice de campagne, une «battante».

Sa mise à l’écart de l’attelage gouvernemental est tombée tel un coup de massue. Mais, les observateurs de la sphère politique diront qu’ils avaient vu venir le coup. Elle, c’est la désormais ex-présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese), Aminata Touré, éjectée dudit poste au profit de l’opposant Idrissa Seck, président du parti Rewmi. «L’électron libre», à cause de ses positions toutes tranchées et assumées, avait bien des ambitions de succéder à Macky Sall, selon certains. Mais, c’est sans compter avec le présent maitre des lieux, qui ne semble pas vouloir laisser la place à un autre, en 2024, mettant à l’écart toute personne qui ne serait pas d’accord pour un troisième mandat. Quel gâchis, sommes-nous tentés de dire ? En effet, le chef de l’Etat vient de perdre une militante «tenace» et «rigoureuse». Ce qui lui a d’ailleurs valu le surnom de «Dame de fer». Les «Karimistes» ne diront pas le contraire. Garde des Sceaux, elle a été au centre de l’attention politique et médiatique, paraissant être par moment, celle qui a été utilisée pour solder les comptes entre Macky Sall et ses anciens camarades du Parti démocratique sénégalais (Pds). Pour essayer de réconcilier la famille libérale, le chef de l’Etat était obligé de la faire migrer vers la Primature. Malheureusement, elle a trop accéléré «la cadence» au point de se brûler les ailes à Grand Yoff, par Khalifa Sall à l’élection municipale de 2014. Elle perdra son poste de Première ministre et sera mise au frigo pendant un long moment, avant de revenir aux affaires au poste d’Envoyée spéciale. Malgré sa première mise à l’écart, la «bosseuse», comme le reconnaissent ses collaborateurs, a toujours défendu les intérêts du président Macky Sall. Cela, bien avant même qu’il ne soit président.

En effet, Aminata Touré fait partie de ceux qui ont rédigé le programme Yoonu Yokuté du candidat Macky Sall, en 2012. Mieux, en «animal politique», elle a été la directrice de campagne qui a porté Macky Sall à la magistrature suprême. Ce ne sera pas que. Mimi Touré s’est fortement distinguée lors de la collecte des parrains pour la présidentielle dernière. A la tête d’une équipe de jeunes de la mouvance présidentielle, la coordonnatrice du pôle parrainage de Bby a fait la razzia des parrains. Mieux, malgré l’ambiance électrique aux portes du Conseil constitutionnel, aux premières heures du jour de dépôt des dossiers des candidats à la candidature de la présidentielle, avec notamment de la bousculade, des injures et parfois même des coups de poing, elle a fait le pied de grue, étant la première à déposer le dossier du candidat Macky Sall. Son dernier combat pour le compte du candidat Macky Sall fut la présidentielle de 2019. A la tête du directoire de campagne, Aminata Touré a été vue aux cotés de Macky Sall, tout le temps de la campagne et partout où il est allé chercher des voix. Certaines indiscrétions laissent même entendre qu’elle a été à l’origine de la hausse des voix de la mouvance présidentielle, à Kaolack, lors de la présidentielle. Parachutée dans la zone centre du pays, elle s’est fortement distinguée dans le mécénat, même si par moment, quelques flèches sont décrochées contre elles par des camarades du parti. Sa «bravoure» et sa «constance» lui ont d’ailleurs valu la récompense à la tête du Cese, qu’elle vient de perdre au profit de son ennemi juré, Idrissa Seck du parti Rewmi. Son délit, ses ambitions de devenir la première femme présidente du Sénégal, en 2024. Toutefois, elle posera un acte politique fort en quittant la tête de cette institution sans un petit mot de remerciement à celui qui l’y avait portée, non sans promettre de se prononcer très prochainement.

Aly Ngouille Ndiaye, maitre incontesté de Linguère et ex-premier flic : De héros... à zéro !

Autre mise à l’écart de taille au sein du gouvernement, celle du ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye. Pion incontournable de l’échiquier politique à Linguère, son départ du gouvernement que beaucoup n’attendaient pas, pourrait être fortement rédhibitoire au Macky, si jamais…

Le limogeage d’Aly Ngouille Ndiaye du ministère de l’Intérieur et surtout sa mise à l’écart du nouveau gouvernement formé par Macky Sall, corrélés à l’entrisme d’Idrissa Seck du Rewmi, ont bien fini par bousculer les lignes au sein de la majorité présidentielle comme de l’Apr, même si les langues ne se délient qu’en sourdine. De peur de représailles du maître du jeu, très friand de la pratique ces derniers temps-ci. Pour cause, Aly Ngouille Ndiaye qui siégeait depuis septembre 2017, d’une main de maître au département de l’Intérieur, sis à la Place Washington, avait su aller jusqu’au bout de toutes les logiques électorales du président de l’Apr.

En œuvrant méthodiquement à lui garantir ... un second mandat. Pour y arriver, Aly Ngouille Ndiaye avait dû avaler beaucoup de couleuvres et faire preuve de résilience face à l’opposition pour asseoir le pouvoir de Macky Sall. D’abord dans le département de Linguère où il est maire de la commune et ensuite au plan national. Il faut dire que le compagnonnage entre les deux hommes a commencé en 2012. Lors de la présidentielle de cette même année, courtisé de toutes parts, le président du Mouvement pour la renaissance du Djolof (MRD) avait pris sur lui l’audacieux pari de miser sur le « cheval Macky Sall » qui était loin d’être le favori de la présidentielle. Au premier comme au second tour, Aly Ngouille Ndiaye faisait gagner Macky Sall dans la capitale du Djolof comme dans beaucoup d’autres localités avant de dissoudre son mouvement dans l’Apr. Dans sa Linguère natale, l’ancien ministre de l’Intérieur avait réussi à déboulonner les dinosaures qui prenaient la ville pour leur chasse gardée. Habib Sy, alors tout-puissant ministre d’Etat, directeur de cabinet du président Wade, maire de Linguère, Aliou Dia (Forces paysannes), des ministres, des directeurs généraux…sont battus.

Même feu Djibo Leyty Ka. Force électorale incontestable dans sa zone, Aly Ngouille Ndiaye se mettra au service de Macky Sall et fera sa percée dans l’Apr au point de devenir assez puissant pour côtoyer les…Dieux. Son limogeage prive Macky Sall selon beaucoup d’observateurs d’un leader politique résilient et persévérant qui lui garantissait la mainmise sur l’électorat local. Et même si l’ancien ministre de l’intérieur n’a pas manqué de préciser qu’il reste toujours dans l’Apr, malgré son limogeage, sa base électorale a du mal à comprendre sa mise à l’écart. L’arrivée de Rewmi dans la majorité présidentielle en vaut-il le coup ? La guéguerre feutrée autour du 3ème mandat vaut-elle de créer une potentielle rébellion en interne au sein de l’Apr ? Allez savoir.

Le coordonnateur départemental de BBY Amadou Ba au frigo : Dakar revient à qui veut la prendre

Considérée comme une ville «rebelle» aux différents régimes, Dakar avait abdiqué lors de la présidentielle de février 2019, et bien avant, lors de l’élection législative de juillet 2017, tombant ainsi dans l’escarcelle de la mouvance présidentielle. L’un des artisans de cette victoire de Macky Sall est sans conteste l’ancien ministre Amadou Ba qui a remporté toutes les élections auxquelles il a pris part, depuis 2016. Sa mise à l’écart de l’attelage gouvernemental redistribue ainsi les cartes pour le contrôle du bastion départemental à fortes potentialités électorales, mais aussi sape les fortifications au niveau de la commune des Parcelles

L es «faucons du palais» ont certes eu raison sur lui, après moult attaques et sorties au vitriol pour l’accuser d’être en train de comploter contre le chef de l’Etat, dans le but de lui succéder en 2024. Lui, c’est l’ex-ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, ancien ministre de l’Economie et des Finances, Amadou Ba, écarté de la gestion du pays par son éjection du nouveau gouvernement dit d’ouverture à d’autres forces politiques. Sa tête avait été longtemps réclamée et souhaitée par certains responsables du parti au pouvoir. Le président Sall semble avoir entendu les détracteurs du désormais ex-collaborateur du chef de l’Etat au niveau du gouvernement. Mais, maintenant qu’il n’est plus aux affaires, Macky Sall aliène sans équivoque son plus grand bastion électoral qui est le département de Dakar ou encore la commune des Parcelles assainies. En effet, la ville longtemps considérée comme «rebelle» aux régimes, forte de ses 663.021 électeurs, à l’élection présidentielle du 24 février 2019, était tombée entre les mains du régime en place. Sur les 456.107 suffrages valablement exprimés, le candidat de la majorité présidentielle en avait obtenu 212.355 voix. Une avance devant ses adversaires qui est en partie l’œuvre du ministre de l’Economie et des Finances d’alors. Pour cause, au moment où le candidat de la mouvance présidentielle sillonnait l’intérieur du pays à la quête de voix, pendant la campagne électorale, Amadou Ba, en tant coordonnateur de Benno à Dakar, et parfois flanqué de la Première dame, Marième Faye Sall, allait à la pêche des voix dans la capitale sénégalaise.

Amadou Ba sonne le glas d’un règne sans partage de Khalifa Sall

Ce travail de conquête de Dakar n’a pas débuté à la présidentielle dernière. Bien avant, notamment à l’élection législative du 30 juillet 2017, à la tête de la liste de la coalition Benno Bokk Yaakaar, Amadou Ba a raflé les 7 sièges du département, avec 114.603 voix sur les 340.089 valablement exprimés. Pourtant, avant sa désignation à la tête de cette liste, les spéculations sur d’éventuelles têtes de liste de la coalition Bby, allaient bon train avec des noms comme celui d’Abdoulaye Diouf Sarr. Le chef de l’Etat n’avait pas tort de lui confier le département car, cela avait permis à la mouvance présidentielle de gagner une hégémonie à Dakar. Un choix du président Sall qui n’était pas fortuit, au vue de la montée en puissance d’Amadou Ba, parachuté dans la commune des Parcelles Assainies, en 2016. En effet, à la tête de la Direction générale des Impôts et Domaines, durant 18 mois, le président Macky Sall décide de le nommer, le 2 septembre 2013, ministre de l’Economie et des finances. Il fera sa rentrée politique, en 2016, aux Parcelles assainies, sur demande du chef de l’Etat. Parvenu à fédérer le parti présidentiel (l’Alliance pour la République (Apr), en lambeaux après la débâcle de l’élection locale de 2014, face à un coriace adversaire, le maire Moussa Sy, le nouveau coordonnateur du parti a fait la razzia du «Oui», lors du référendum de mars 2016. Il a réussi à faire le vide aux Parcelles, en termes d’opposants, obligeant l’actuel maire, à rejoindre la mouvance présidentielle au risque de disparaitre politiquement.

Avec Moussa Sy, l’unité de la mouvance présidentielle aux Parcelles en sursis aux prochaines locales

Toutefois, maintenant qu’il lui a été confié la présidence du Conseil administratif du Port autonome de Dakar, Moussa Sy reprend du poil de la bête. Mais, sa candidature pour un autre mandat à la tête de la commune, risque de faire voler en éclats le peu de cohésion qui existe au sein de la mouvance présidentielle dans la commune. Il reste évident qu’il se formera beaucoup de listes parallèles à celle de la majorité présidentielle. Beaucoup de responsables de Bby de la commune, qui se seraient rangés derrière Amadou Ba s’il demandait la mairie, affûtent les armes en prélude aux locales. Ce qui donnera une belle opportunité au parti Pastef/Les patriotes qui avait fini deuxième dans la commune, derrière Bby à la présidentielle dernière. A coup sûr, maintenant qu’Amadou Ba n’est plus aux manettes, la ville «rebelle» qui était tombée sous l’escarcelle du régime en place redevient prenable pour toutes les forces politiques. Dès lors que le président du parti Rewmi, Idrissa Seck sorti deuxième dans le département de Dakar avec 24,60% des voix, est dans la mouvance présidentielle, son suivant direct, en l’occurrence le patron de Pastef/ Les patriotes, Ousmane Sonko qui avait obtenu dans ledit département 21,90% des voix, se positionne bien. Que dire du leader de Taxawu Ndakaaru, Khalifa Sall, qui avait jalousement contrôlé la capitale sénégalaise depuis 2009, avant de la perdre lors des législatives ? Ces derniers temps, il multiplie les rencontres avec sa coalition, dans Dakar.

Mouhamadou Makhtar Cissé, Oumar Youm hors-jeu : Quand Macky mate ses jeunes loups !

Comme Amadou Ba, Aminata Touré, Aly Ngouille Ndiaye, Mouhamadou Makhtar Cissé et Oumar Youm, ont été dégommés de leurs postes ministériels ou autres par le maitre du jeu, par ailleurs président de la République Macky Sall. De Dagana à Thiadaye, les supputations sont allées bon train sur la défénestration de jeunes leaders politiques certes aux dents longues mais qui semblaient entrer dans la stratégie globale du patron de l’Apr de massification générale de son parti. Mieux, de confirmation du leadership du parti présidentiel dans des zones (Dagana et Mbour) où l’Apr devait conjuguer avec le Ps et le Pds (ancien partis au pouvoir). Reste maintenant à savoir si la nomination de Maguette Sène, maire de Malicounda au Coud, ou celle d’Oumar Sarr au ministère des Mines sauront compenser les frustrations des militants après le limogeage de leurs responsables politiques. Comme à Dagana où la colère des militants gronde depuis le départ de Mouhamadou Makhtar Cissé du gouvernement. « Nous, les membres de BBY étions dans des difficultés énormes et nous perdions toujours les élections. Grâce à MMC, de 2017 à 2019, nous gagnons les élections et nous contrôlons le département. Donc, aujourd’hui, on ne peut pas comprendre le choix politique opéré par notre chef de coalition », estimaient les responsables de la zone dans un document rendu public.




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