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Vendredi 14 Décembre 2018

Mouvement d'humeur dans les prisons: L’Administration pénitentiaire annonce des «cellules spécifiques pour accueillir les détenus grévistes de la faim»




Mouvement d'humeur dans les prisons: L’Administration pénitentiaire annonce des «cellules spécifiques pour accueillir les détenus grévistes de la faim»
L’Administration pénitentiaire annonce des mesures draconiennes face aux grèves de la faim répétitives dans certaines prisons. Ces derniers jours, des cas sont notés dans les prisons de Thiès et de Kaolack.

L’inspecteur régional de l’Administration pénitentiaire (Irap) de Kaolack, Souleymane Faye, est revenu de long en large sur le mouvement d’humeur à la prison de Kaolack. Le responsable régional de l’Administration pénitentiaire a aussi annoncé le dispositif qui sera déployé à l’effet pour définitivement mettre fin aux mouvements d’humeur qui prévalent dans certains établissements pénitentiaires. C’était mardi 11 décembre dernier au Camp pénal de Liberté, à l’atelier de sensibilisation de la société et des médias sur la situation carcérale du Sénégal présidé par le ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, en présence du directeur de l’Administration pénitentiaire, colonel Jean-Bertrand Bocandé.

«Tout est parti de la saisie de deux cornets de Yamba»

Inspecteur Souleymane Faye : «Tout est parti de la saisie de deux cornets de chanvre indien sur deux détenus à la prison de Kaolack, lors de l’appel du soir. Ils ont été mis à la disposition de la Police locale, placés sous mandat de dépôt et puis ramenés à la prison. Dans la procédure disciplinaire, il est clair quand un détenu commet une infraction à la loi pénale ou une entorse à la réglementation, il va directement en cellule.

Au lendemain de cette décision, le porte-parole des détenus est allé voir l’adjoint du directeur de la prison pour plaider en faveur de ses camarades. L’adjoint leur a opposé un niet catégorique. Et le dimanche, en même temps qu’ils avaient fini d’aviser les journalistes qu’ils prévoyaient d’entreprendre un mouvement d’humeur le lundi 3 décembre, les renseignements généraux m’ont appelé pour me signaler le plan ourdi par les détenus. Certains d’entre eux veulent continuer à entretenir le trafic de drogue en prison et il faut que l’on mette fin à cette situation. Les journalistes doivent nous aider à assainir les prisons
».

«C’est 50 détenus qui refusaient de s’alimenter et non 600»

«Les détenus sont nos frères, ils sont nos parents. S’il y a problème, leur seul recours c’est d’aller vers les journalistes et derrière, ils oublient qu’ils ont fauté. C’est seulement 50 détenus qui refusaient de s’alimenter au lieu des 600 annoncés dans la presse. Lorsque j’ai eu vent de cela, j’ai demandé au directeur de la Mac de Kaolack d’aller rencontrer les grévistes, dans un premier temps.

Mais les détenus ont catégoriquement refusé de parler avec lui. Le directeur m’en a informé et m’a demandé de venir rencontrer les détenus puisqu’il s’agit d’un mouvement d’humeur contre lui. C’est sur ces entrefaites que je suis personnellement allé rencontrer les détenus grévistes, en ma qualité de responsable régional des prisons. Je suis allé dans la détention et j’ai parlé avec eux pendant 1h et 15 minutes
».

«Certains détenus avaient annoncé une grève de la faim, mais ils continuaient à s’alimenter»

«Certains détenus avaient annoncé une grève de la faim, mais ils continuaient à prendre les repas à et à manger. Et les visites continuaient à être organisées. Cela n’est pas une grève de la faim. Quand on fait une grève de la faim, on est isolé, on ne reçoit pas de visites ni de plats dans les cellules. On ne reçoit même pas de parents. On est mis de côté et on attend l’autorité».

«Nous allons créer des cellules spécifiques pour accueillir les détenus grévistes de la faim»

«Vous allez nous obliger à prendre des mesures drastiques par rapport à cela. Comment ? A chaque fois qu’ils annonceront une grève de la faim, nous allons créer des cellules spécifiques pour accueillir ces détenus qui font la grève de la faim et ce sera dur pour eux. Le directeur de la prison de Kaolack a été acculé pendant 72 heures par les parents des détenus. Même ses enfants sont psychologiquement heurtés par les reportages de la presse».

A Thiès, la grève de la faim des détenus se poursuit. Certains prisonniers sont internés à l’infirmerie et sont sous surveillance médicale. «Ngaaka Blindé est libéré ce jeudi décembre, Khalifa Sall sera rejugé le 20 décembre, la Chambre criminelle de Mbour continue d’organiser des audiences et notre dossier ne bouge pas. Le délai raisonnable n’est toujours pas respecté.

Nous ne réclamons ni notre libération encore moins une quelconque autre faveur. Nous voulons juste être jugés, nous réclamons notre procès. Notre dossier est bouclé depuis 2013, cela fait plus de six ans que nous attendons en vain notre jugement. Trop c’est trop
», dénonce le porte-parole des détenus Thiantacounes grévistes de la faim.

«Nous ne comptons pas suspendre la grève de la faim et l’Etat du Sénégal sera tenu pour responsable de tout ce qui adviendra aux détenus Thiantacounes à la Mac de Thiès», fait-il savoir.

flagrantdelit



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