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Mutinerie au Niger : le Tchad accusé de complot par un officier nigérien

Un capitaine a mis en cause plusieurs pays, dont le Tchad, lors d'une intervention à la télévision nationale

Rédigé par leral.net le Mercredi 2 Septembre 2026 à 23:00 | | 0 commentaire(s)|

Une mutinerie a secoué l'armée nigérienne début septembre 2026. Un capitaine a évoqué, à la télévision nationale, un complot international impliquant plusieurs pays, dont le Tchad. Hoinathy Remadji, chercheur à l'Institut d'études de sécurité, apporte son éclairage sur RFI.


Une mutinerie a éclaté au sein de l'armée nigérienne, provoquant une vive tension dans le pays. Selon RFI, un officier, un capitaine, s'est exprimé mardi 1er septembre 2026 à la télévision nationale pour évoquer les circonstances de cette crise militaire. Dans ses propos, il aurait évoqué l'existence d'un complot international visant à déstabiliser le Niger.
Cette intervention télévisée a suscité de nombreuses réactions, en particulier en raison des accusations portées contre plusieurs pays. Selon les informations rapportées par RFI, le capitaine aurait mis en cause différents États, dont le Tchad, sans toutefois que la nature exacte de ces accusations n'ait été détaillée dans le résumé disponible.
Un chercheur analyse la mise en cause du Tchad Pour tenter de comprendre les raisons de cette accusation visant N'Djamena, RFI a invité Hoinathy Remadji, chercheur principal chargé de l'Afrique centrale et du bassin du lac Tchad à l'Institut d'études de sécurité, dans son émission Afrique Midi. Ce dernier a été sollicité pour éclairer les liens géopolitiques régionaux qui pourraient expliquer cette mise en cause.
Selon les éléments rapportés par le média, le chercheur aurait évoqué le fait que les pays entretenant des relations de coopération avec la France seraient perçus, dans le contexte politique actuel du Sahel, comme une forme de menace par certains acteurs militaires ou politiques de la région. Cette perception s'inscrirait dans un climat régional marqué par une défiance croissante envers la présence et l'influence françaises en Afrique de l'Ouest et centrale.
Un contexte régional tendu Le Niger traverse depuis plusieurs années une période d'instabilité politique et sécuritaire, marquée notamment par des changements de pouvoir successifs et une reconfiguration des alliances militaires dans la région du Sahel. Dans ce contexte, les accusations de complots impliquant des puissances étrangères ou des pays voisins ne sont pas rares, reflétant les tensions diplomatiques qui traversent la sous-région.
Le Tchad, pour sa part, entretient des relations avec la France dans le cadre de la coopération militaire régionale, ce qui pourrait expliquer, selon l'analyse du chercheur cité par RFI, pourquoi ce pays se retrouve visé par ce type d'accusations de la part de certains officiers nigériens. Cette hypothèse reste toutefois à confirmer, aucune preuve n'ayant été présentée publiquement à ce stade concernant un éventuel rôle tchadien dans la mutinerie.
Des accusations à vérifier Il convient de souligner que les propos tenus par le capitaine nigérien n'ont pas encore été confirmés par une enquête officielle. Les autorités tchadiennes ne se sont pas exprimées, selon les informations disponibles, sur ces accusations. De même, aucune source indépendante n'a pour l'instant corroboré l'existence d'un complot international tel qu'évoqué à la télévision nationale nigérienne.
Cette affaire illustre les tensions persistantes entre plusieurs pays du Sahel et d'Afrique centrale, dans un contexte où les accusations de manipulation extérieure sont fréquemment utilisées pour expliquer les crises internes. L'évolution de la situation au Niger, ainsi que d'éventuelles réactions officielles du Tchad, seront à suivre dans les prochains jours.