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Niger : un capitaine accuse plusieurs pays et la France d'avoir soutenu la mutinerie d'août

La télévision d'État nigérienne a diffusé le témoignage d'un officier mettant en cause la Côte d'Ivoire, le Bénin, le Tchad, la Cédéao et des proches de Mohamed Bazoum

Rédigé par leral.net le Mercredi 2 Septembre 2026 à 23:00 | | 0 commentaire(s)|

Après la mutinerie survenue les 28 et 29 août 2026, présentée par les autorités comme un simple mouvement d'humeur, la télévision d'État nigérienne a diffusé mardi 2 septembre le témoignage d'un capitaine qui met en cause plusieurs États de la sous-région et la France dans une tentative de déstabilisation du pouvoir en place.


Une mutinerie a éclaté au Niger les 28 et 29 août 2026. Les autorités militaires en place, dirigées par le général Abdourahamane Tiani, avaient alors qualifié cet épisode de simple « mouvement d'humeur », sans donner davantage de précisions publiques sur son ampleur ou ses motifs réels.
Mardi 2 septembre 2026, la télévision d'État nigérienne a diffusé un témoignage inédit : celui d'un capitaine qui accuse plusieurs pays de la sous-région, ainsi que la France, d'avoir soutenu cette tentative de déstabilisation. Selon ce témoignage relayé par les médias officiels, la Côte d'Ivoire, le Bénin, le Tchad et la Cédéao seraient également impliqués, tout comme des proches de l'ancien président Mohamed Bazoum, renversé par la junte militaire en 2023.
Un silence remarqué des autorités
Ce qui frappe dans cette affaire, c'est le silence observé par les principaux responsables de la junte. Ni le général Abdourahamane Tiani, chef de l'État nigérien depuis le coup d'État de 2023, ni les membres du gouvernement n'ont pris la parole pour confirmer, nuancer ou commenter les accusations portées par ce capitaine à l'antenne de la télévision publique.
Cette absence de réaction officielle laisse planer de nombreuses interrogations sur la nature exacte de cette communication. S'agit-il d'une opération orchestrée par le pouvoir pour justifier un durcissement à venir, ou d'une initiative isolée d'un officier cherchant à faire des révélations sur les événements du mois d'août ? Aucune source indépendante n'a pour l'heure permis de trancher cette question.
Des accusations qui visent large
La liste des acteurs mis en cause par le capitaine est particulièrement étendue. Elle englobe à la fois des États voisins du Niger, comme la Côte d'Ivoire et le Bénin, une organisation régionale, la Cédéao, avec laquelle les relations sont tendues depuis le coup d'État de 2023, mais aussi une ancienne puissance coloniale, la France, dont les troupes ont été expulsées du territoire nigérien par la junte.
Le témoignage évoque également des soutiens venant de proches de l'ex-président Mohamed Bazoum, toujours détenu depuis son renversement. Ces accusations, si elles se confirmaient, viendraient alimenter le récit d'un complot international visant à fragiliser le régime militaire en place à Niamey.
Un contexte régional sous tension
Ces déclarations interviennent dans un contexte où les relations entre le Niger et plusieurs de ses voisins restent marquées par la méfiance depuis le coup d'État militaire de juillet 2023. La rupture avec la Cédéao, les sanctions économiques qui ont suivi, ainsi que le rapprochement affiché avec d'autres pays sahéliens dirigés par des juntes militaires, ont profondément modifié les équilibres diplomatiques dans la sous-région.
Pour l'heure, aucune des autorités mises en cause, ni la France, ni la Côte d'Ivoire, ni le Bénin, ni la Cédéao, n'a réagi publiquement à ces accusations diffusées par la télévision d'État nigérienne. Il n'est pas non plus possible, à ce stade, de vérifier de manière indépendante la véracité des propos tenus par le capitaine dont le témoignage a été rendu public.
La situation reste ainsi marquée par une forte incertitude, tant sur les circonstances exactes de la mutinerie des 28 et 29 août que sur la portée réelle des accusations portées contre plusieurs acteurs régionaux et internationaux.