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Partis et jeu d’alliances à la recherche de la cohérence - Ousmane Ibrahima Dia, journaliste

Depuis 2000, la tendance est au regroupement au sein de coalitions, même si les grands partis traditionnels continuent de tenir le haut du pavé. Le Front pour l’alternance (Fal), issu de la Coalition pour l’alternance (CA 2000), véritable mélange de libéraux, de leaders de la gauche, réussit, sous la houlette de Me Abdoulaye Wade, à déboulonner Abdou Diouf et les 40 ans du Socialisme.


Rédigé par leral.net le Mardi 14 Septembre 2021 à 10:20 | | 0 commentaire(s)|

Partis et jeu d’alliances à la recherche de la cohérence - Ousmane Ibrahima Dia, journaliste
Les Assises nationales lancées en juin 2008 par des partis de l’opposition et divers acteurs de la vie économique et sociale, ont été la matrice de Benno Siggil Senegaal qui avait permis à l’opposition de s’imposer dans les grandes villes, lors des élections locales de 2009.

En 2012, une nouvelle lame de fond politique, regroupant libéraux, gens de la gauche, socialistes, parmi d’autres, réussit à écarter du pouvoir le libéral Wade, au soir du 25 mars 2012.

En perspective des élections territoriales de janvier 2022, des partis et mouvements tentent de former des coalitions pour venir à bout de la machine Benno Bokk Yakaar (Bby).

Constat : le même schéma est souvent reproduit avec des acteurs que tout opposait dans un passé récent, ce qui rend compte de la difficulté qu’il y a à lire le paysage politique sénégalais, riche en alliances contre-nature, qui se font au gré des circonstances. Sans fondement idéologique.

Pourtant à l’aube de l’ouverture démocratique, en 1974, le Président Léopold Sédar Senghor avait pensé à une distribution des rôles, selon un schéma basé sur quatre courants se rapportant chacun à une idéologie. Oui, l’engagement politique doit reposer sur des convictions fortes.

Si les pères fondateurs s’étaient battus pour l’indépendance, Senghor, en instaurant un multipartisme limité à quatre courants (Il fallait être socialiste, libéral, marxiste-léniniste ou alors conservateur), avait tracé une ligne de conduite pour un discours politique, porteur de valeurs et de convictions.

Mais le multipartisme intégral, dans un contexte d’ouverture du paysage médiatique, a ouvert la voie à la politique du ventre et érigé la politique au rang de métier. Le parti politique devient un instrument que l’on monnaye dans le cadre de soutien, en échange de postes, entre autres. C’est ce qui explique les alliances de circonstance derrière lesquelles s’abritent ces professionnels de la politique, uniquement mus par le souci de préserver des intérêts particuliers.

Le jeu démocratique gagnera en transparence et en maturité, en plaçant au premier plan les batailles fondées sur des projets de société et en mettant sous le boisseau les préoccupations personnelles et de chapelle, qui discréditent partis et hommes politiques. Ce qui donnera un plus de cohérence et de crédibilité à ces jeux d’alliances.





Ousmane Ibrahima Dia
Journaliste Aps