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Présidentielle /Offre politique: La Diaspora sénégalaise à l’écoute des candidats (par Boubacar Séye)

Rédigé par leral.net le Samedi 9 Février 2019 à 16:38 | | 0 commentaire(s)|

Cela fait plus d’une semaine que la campagne électorale en vue des présidentielles du 24 Février bat son plein au Sénégal. La saison de « chasse électorale », durant laquelle les candidats, porteurs de l’offre politique, occupent l’espace médiatique pour se profiler, se démarquer, est ouverte.


Dans  cette opération de séduction et de quête d’un électoral potentiel, la diaspora semble souvent être oubliée comme ce fut le cas  dans le passé faute d’offre politique.
D’aucuns avancent même  que les thématiques liées à la migration et les problématiques des sénégalais de l’extérieur intéressent peu les différents candidats.

Et Pourtant !!!!

La diaspora, cette manne financière, ce poids électoral incontournable, regorge de potentialités et ressources humaines de qualité, capables de jouer un rôle essentiel dans le processus socio –économique et politique du pays. 

Le Sénégal à l’instar des pays d’émigration comme la chine, l’Inde et les Philippines, peine à décoller faute de politique migratoire efficace, de vision et d’initiatives stratégiques.

 L’acticité de la diaspora comme socle de développement, reste encore à promouvoir.

 Le Sénégal ne pourra jamais émerger sans sa diaspora !!!!

Aujourd’hui, force est de constater que pour relancer l’économie d’un pays, il faut  nécessairement s’ouvrir vers les marchés extérieurs.

Pour prétendre au développement ,il faut être concurrentiel et  régulièrement en quête de nouveaux marchés accessibles à tout le monde, créer la demande, accroître l’offre en quantité et en qualité par la mise en place de nouvelles structures capables de stimuler les exportations, qui vont apporter nécessairement de la valeur ajoutée sur la balance commerciale .

C’est ce que les trois principaux pays de sortie de migrants (Inde, Chine, Philippines) ont  compris. L’Inde et la Chine à travers la présence massive de leurs communautés établies partout, sont devenus des pays émergents, avec des taux de croissance, à deux chiffres et évolutions de leur Pib (Chine 13119, Inde 2654 Milliards de dollars en 2018). 

Cela se traduit aussi par le fait que 1/3 des fonds migratoires dans le monde, sont dirigés vers ces pays (Inde 80 milliards de dollars, chine 67 milliards de dollars en 2018).
 Le Sénégal à l’instar de ces pays pourrait lui aussi booster son économie par la mise en place  d’un système d’incubateurs d’entreprises innovantes dans l’agro-alimentaire et l’artisanat en s’appuyant sur sa diaspora.

Un bon processus organisationnel de la diaspora, peut être le socle du développement de notre pays déjà que les Sénégalais de l’extérieur sont le plus gros bailleur de l’Etat, avec des transferts de fonds supérieurs à l’aide au développement.

Pour cela, il faudra mettre sur pied une politique migratoire capable de prendre en charge la gestion efficace du potentiel des Sénégalais de l’extérieur, qui seront des acteurs sur lesquels s’adosser pour relancer notre économie, surtout dans la revalorisation et la redynamisation de nos produits.

La Diaspora dans leur écrasante majorité excelle dans le commerce, leur inculquer le culte du « patrimoine économique » serait bénéfique pour l’économie du pays.

Il faudra faire du Sénégal une plateforme commerciale , développer l’ industrie agro-alimentaire pour la transformation et la valorisation de nos produits locaux (Bouye , Dakhaar , Bissap , Mangues , Ditakh , Guédj , Yetth , etc… ).

Et les Sénégalais de l’Extérieur à travers la création de « pôles de développement commerciaux «, de centres commerciaux, se chargeront de promouvoir ces produits made in Sénégal dans le monde.

La conceptualisation d’un programme innovant avec une bonne jurisprudence  sur la question, permettra non seulement l’émergence du Sénégal mais aussi va améliorer qualitativement les conditions de vie des Sénégalais de la Diaspora  qui souffrent énormément de l’échec des politiques d’intégration structurelle.

Déjà pour ne citer que la France et les flux estudiantins, beaucoup de Sénégalais auront des difficultés  pour assurer leurs frais d’inscription  avec la nouvelle réforme universitaire.







Boubacar Séye
Président d’Horizon Sans Frontières 
Chercheur en migrations internationales.