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Quand le FMI remet en question ses dogmes

Ancien chantre de l’orthodoxie néolibérale, l’institution a revu son idéologie sur les mouvements de capitaux et la priorité donnée à la réduction des déficits budgétaires. Cinquième épisode de notre série sur les dix ans de crise qui ont changé l’économie mondiale.


Rédigé par leral.net le Vendredi 7 Juillet 2017 à 12:27 | | 0 commentaire(s)|

Quand le FMI remet en question ses dogmes
A lire certains commentateurs, dans la foulée de la crise, le Fonds monétaire international (FMI) n’aura cessé d’aller à confesse. Sur l’orthodoxie néo¬libérale, la libre circulation des capitaux, les politiques d’austérité… Ses rapports maison et audits internes ont été lus comme autant de mea culpa.
Chargée de veiller sur les grands équilibres macroéconomiques, l’institution créée en 1944 plaide aujourd’hui pour une croissance « inclusive ». Elle s’est « radicalement convertie à l’importance de l’inégalité et aussi à l’importance de l’étudier et d’y apporter des ¬réponses », a témoigné sa directrice générale, Christine Lagarde, en janvier, au Forum économique de Davos, en Suisse.
Un discours qui fait mouche de la part d’une organisation longtemps vue comme un temple de l’ultralibéralisme. Voire caricaturée en Père Fouettard, contraignant les pays qui frappaient à sa porte à supprimer les déficits à la hussarde et à privatiser les services publics, sans égard pour les programmes sociaux.

Au printemps 2016, maelström dans le Landerneau : trois de ses économistes publient un article dénonçant, avec force circonvo¬lutions, les excès de « l’agenda néo¬libéral ». Le FMI a-t-il donc changé de visage ? Les boulever¬sements économiques qui ont secoué le monde depuis une décennie l’auraient-ils métamorphosé ? « On a dû apprendre très vite, sur le tas, remettre en question certains dogmes, décrit Olivier Blanchard, économiste en chef du Fonds jusqu’en 2015. De là à parler de virage à 180 degrés, non. »

Un nouveau pragmatisme

Classé dans le camp des néo¬keynésiens, le Français est l’un des artisans de cette inflexion à pas comptés. Et pour cause ! Nommé par un autre « Frenchy », Dominique Strauss-Kahn, « DSK », alors pilote de l’institution installée à Washington, il débarque en septembre 2008…, deux semaines avant la faillite de la banque américaine Lehman Brothers. Les répercussions...

source:LeMonde
 



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