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Réformes institutionnelles : Bassirou Diomaye Faye justifie la publication des avant-projets

En rendant publics les avant-projets de réforme de la Constitution et du code électoral, Bassirou Diomaye Faye affirme une volonté de transparence et de concertation. Le chef de l’État défend une démarche inclusive pour des textes appelés à structurer durablement la vie politique sénégalaise.


Rédigé par leral.net le Jeudi 30 Avril 2026 à 22:42 | | 0 commentaire(s)|

Le 27 avril 2026, Bassirou Diomaye Faye a fait un choix inhabituel : rendre publics les avant-projets de réforme institutionnelle avant même leur adoption en Conseil des ministres. Une démarche qu’il a expliquée ce jeudi, lors d’une rencontre avec les ambassadeurs de la paix.

Une volonté de transparence

Pour le président sénégalais, ces textes dépassent le cadre de son mandat.
« La Constitution ne nous appartient pas », a-t-il insisté, soulignant que les réformes doivent être discutées avec l’ensemble des acteurs politiques et sociaux.

En évoquant le code électoral de 1992, adopté bien avant son parcours politique, Bassirou Diomaye Faye a rappelé l’importance de concevoir des lois durables : celles-ci structureront, selon lui, les processus électoraux des prochaines décennies.

Quatre réformes majeures

Les avant-projets présentés s’articulent autour de quatre axes principaux :

1. Révision constitutionnelle
Elle prévoit :

une adaptation du préambule
un rééquilibrage des pouvoirs exécutifs, avec un renforcement du rôle du Premier ministre
un contrôle parlementaire accru
l’incompatibilité entre fonction présidentielle et direction de parti
l’institution d’une Cour constitutionnelle

2. Loi organique sur la Cour constitutionnelle
Le texte prévoit :

le passage de 7 à 9 juges
un élargissement des compétences
une clarification de l’exception d’inconstitutionnalité devant les juridictions supérieures

3. Réforme du code électoral
Plusieurs innovations sont annoncées :

la création d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI)
l’introduction du bulletin unique
l’ouverture du vote aux détenus non déchus de leurs droits civiques
la révision des conditions de déchéance électorale
de nouvelles règles sur le parrainage et les cautions

4. Modernisation des partis politiques
Le cadre juridique datant de 1981 sera revu avec :

de nouvelles règles de création et de fonctionnement
un encadrement du financement public
un contrôle renforcé par la Cour des comptes
Une logique de concertation

Le président insiste sur la nécessité d’un dialogue inclusif, rappelant que certaines formations politiques existent depuis l’indépendance, bien avant son propre parti.

Cette démarche vise à éviter toute réforme unilatérale et à construire un consensus autour des règles du jeu démocratique.