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Renvoyé au 14 mars : Le retour sur les minutes de l’avant-procès d’Imam Ndao et Cie


Rédigé par leral.net le Mercredi 14 Février 2018 à 21:21 | | 0 commentaire(s)|

Renvoyé au 14 mars : Le retour sur les minutes de l’avant-procès d’Imam Ndao et Cie
La chambre criminelle de Dakar a ré-ouvert ce mercredi 14 février, le procès de Imam Alioune Ndao et ses 31 co-accusés poursuivis pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, blanchiment de capitaux dans le cadre d’activités terroristes par menace et complot, apologie au terrorisme, financement de terrorisme en bandes organisés.

En effet dès l’ouverture de l’audience à 9h 47 mn, le juge Samba Kane qui a hérité du lourd dossier des mains de son collègue Malick Lamotte, a décidé de renvoyer l’audience jusqu’au 14 Mars prochain pour mieux s’imprégner de l’affaire avec ses trois assesseurs. C’est ainsi que les demandes de mise en liberté provisoires formulées par les avocats de certains accusés en l’occurrence Ibrahima Ly, Assane Camara et Omar Keita, ont été rejetés par le juge pour menaces de trouble à l’ordre à public.


08 24 mm : Imam Alioune Ndao, tout de blanc vêtu avec une écharpe de la même couleur sur la tête, et ses 31 co-accusés font leur apparition dans le box des accusés. Le principal suspect Imam Ndao se prononce en langue arabe et lève les mains menottées en direction de l’assistance pour saluer ses parents, amis et sympatysants qui avaient déjà pris place dans la grande salle 4, à moitié pleine du palais de justice de Dakar. A majorité « ibadous », ces derniers psalmodient le nom du Tout-puissant: « Allahou Akbar », « Assalamou Alaykoum » pour répondre aux salutations l’imam de Kaolack visiblement très serein.

09h 47mn : le président de la séance Samba Kane qui a hérité du dossier des mains de son collègue Malick Lamotte, ses trois assesseurs et le représentant du parquet Aly Ciré Ndiaye, comparaissent dans la salle pleine à craquer.

Demande de comparution du commissaire Ibrahima Diop et du chef d’Escadron de la Section de recherche de la gendarmerie Issa Diack par les avocats de l’Imam Alioune Ndao

Après avoir procédé à l’appel des 32 présumés terroristes, dont deux femmes qui ont rejoint une à une le prétoire, les 9 avocats du principal suspect Imam Alioune Ndao par le voix de leur porte-parole, Me Moussa Sarr, ont demandé au juge Samba Kane la comparution des deux agents enquêteurs Ibrahima Diop et Insa Diack devant le tribunal à l’audience du 14 mars à titre de témoins. Et pour cause, selon les robes noires, leur client a toujours niés les faits de terrorisme qui lui sont reprochés.

«Donc pour permettre l’éclatement de la vérité monsieur le juge, la présence du commissaire Ibrahima Diop qui a entendu notre client à l’enquête préliminaire et du capitaine Issa Diack de la Section de recherche de la gendarmerie est impérative devant ce tribunal. Nous exigeons aussi que tous les objets scellés soient amenés devant ce tribunal. Les droits de la défense sont très sacrés et les accusés ne sont pas poursuivis pour des faits ordinaires », ont–ils sollicité.

Mais de l’avis du procureur Aly Ciré Ndiaye qui a requis le rejet de la demande des conseils de l’imam, la comparution des deux agents enquêteurs est inopportune. « Cette demande est fantaisiste, le tribunal est saisi sur la base d’une procédure pour des faits très graves comme ils aiment à le rappeler. Car je ne veux pas entrer dans le fond du dossier puisque on n’est pas encore à ce stade. La présence de ces agents enquêteurs est inopportune devant ce tribunal », a-t-il estimé.

Demande de liberté provisoire des accusés Assane Camara, Ibrahima LY et Omar Keita

Premier à comparaitre devant la barre, les conseils de l’accusé Assane Camara, teint noir, vêtu d’une chemise blanche assortie d’un pantalon jean bleu foncé, ont sollicité une demande de liberté provisoire pour leur client.

Selon Me Ousmane Sèye, leur client présente toutes les garanties de représentation en justice et aucune charge suffisante n’a été retenue  contre lui. « Depuis deux ans, Assane Camara est en détention préventive car il été placé sous mandat de dépôt le 3 février 2016. Dans le procès-verbal d’enquête préliminaire, on n’a que la déposition de sa mère puisque c’est elle qui l’avait conduit devant les enquêteurs, du fait simplement qu’il priait et lisait beaucoup le Coran.

Dans l’ordonnance de renvoi du juge d’instruction, il a bénéficié d’un non-lieu pour apologie au terrorisme, il est poursuivi pour financement au terrorisme. Et cette charge n’est pas suffisamment établie à son encontre puisqu’il l’a toujours niée. Sa mère avait voulu qu’il soit simplement corrigé par les enquêteurs comme toute mère soucieuse de l’avenir de son enfant lorsqu’elle observe un certain changement de comportement chez lui
», plaide la robe noire.

Dans la même foulée, les conseils des accusés Ibrahima Ly et Omar Keita ont aussi sollicité des demandes de liberté provisoire pour leurs clients appuyées toujours par leurs garanties de représentation en justice. « Mon client Ibrahima Ly est régulièrement domicilié au Sénégal. Il s’y ajoute qu’il a toujours contesté les faits de terrorisme qui lui sont reprochés. Il n’a jamais eu maille à partir avec la justice et aucun élément factuel du dossier ne prouve qu’il a eu commettre les faits qui lui sont reprochés. Alors que depuis deux ans il est en détention», déplore l’un de ses conseils, Me Borso Pouye.

Et son confrère, Me Hillale, constituée pour l’accusé Omar Keita, de signaler qu’elle a reçu tardivement le dossier de son client alors qu’elle s’est constituée la veille de la première audience de renvoi, le 26 décembre dernier. « Ce n’est qu’hier après-midi qu’on m’a remis le dossier de mon client sur clé USB. Je souhaiterai aussi qu’une lettre soit adressée à l’administration pénitentiaire pour que je puisse m’entretenir avec mon client avant l’audience de renvoi du 14 Mars prochain.

Si toutefois vous n’accédez pas à notre demande de liberté provisoire. Aucune charge suffisante n’a été retenue contre lui. Les enquêteurs n’ont trouvé sur lui que deux portables. Il n’appartient ni à Daesh ni à une quelconque entreprise de terrorisme. C’est un Sénégalais bon teint qui est régulièrement domicilié dans sa famille
».

Le procureur : « Ibrahima Ly est impliqué dans une entreprise de terrorisme en France et il a eu à commettre des actes de terrorisme en Syrie »

Pour le représentant du parquet Aly Ciré Ndiaye, la liberté provisoire des trois accusés constituerait une menace grave à l’ordre public. A l’en croire, l’accusé Ibrahima Ly est impliqué dans une entreprise de terrorisme en France. « Il a eu aussi à commettre des actes de terrorisme en Syrie. C’est pourquoi il est poursuivi pour association en vue de commettre des actes de terrorisme, d’avoir commis des actes de terrorisme, et pour apologie au terrorisme, je requiers le rejet des demandes de liberté provisoire de tous les trois accusés. Comme leurs conseils aiment à le rappeler, ils sont poursuivis pour des faits très graves. Assane Camara a été refoulé de la Tunisie pour des faits liés au terrorisme. Il n’est pas rentré au bercail de son propre chef», a-t-il révélé.

Rendant son délibéré après avoir observé une pause de quelques minutes, le juge Samba Kane qui a suivi le chef du parquet dans ses réquisitions, a rejeté toutes les demandes de la défense. « Le tribunal confirme la date du renvoi jusqu’ au 14 Mars prochain et rejette les demandes de liberté provisoire des trois accusés Ibrahima LY, Assane Camara, Omar Keita pour motif de troubles à l’ordre public. Le tribunal juge aussi inopportun de demander la comparution des deux agents enquêteurs Ibrahima Diop et Issa Diack le 14 mars prochain, à l’étape actuel de la procédure».

Une décision qui a plongé la salle dans une grande émotion. Les parents, amis et souteneurs de l’imam Alioune Ndao et de ses co-accusés ont montré tout leur désarroi en scandant le nom du Tout-puissant : « Alahou Akbar », au moment où certains d’entre eux, plus sensibles, versaient de chaudes larmes. Mais les accusés devront prendre leur mal en patience jusqu’au 14 Mars pour prouver leur innocence quant aux lourdes charges qui pèsent sur eux.





Kady FATY, leral.net



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