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Samedi 14 Mars 2026

Tribunal de Pikine-Guédiawaye : le chef de corps de la musique des armées risque 10 ans de prison




Attrait à la barre du tribunal correctionnel de Pikine-Guédiawaye dans une affaire présumée de contrefaçon de signes monétaires portant sur un milliard de francs CFA en « billets noirs », le commandant Ibrahima Chimère Barro, chef de corps de la musique principale des armées, encourt une peine de dix ans de prison ferme assortie d’une amende de 20 millions de FCFA. Une peine requise contre lui et ses trois co-prévenus par le parquet, rapporte le quotidien L'Observateur, repris par Seneweb.

L’affaire remonte à 2023, à la suite d’une opération de gendarmerie menée à Keur Massar, rembobine la même source. Selon l’accusation, les quatre hommes formaient un réseau structuré autour du trafic de billets noirs. Le commandant Barro est présenté comme le détenteur du stock de billets noirs. Hubert Assogba aurait agi comme intermédiaire et démarcheur, tandis que Mbacké Sow Ndiaye, étudiant, et Mamadou Fatou Ndiaye, agent des Postes, étaient chargés du lavage et de l’écoulement des faux billets.

Lors de l’enquête préliminaire, les gendarmes avaient fait état de la saisie d’une sacoche contenant le matériel compromettant.

À la barre, le procès a toutefois été marqué par un revirement total des prévenus, qui ont nié en bloc les accusations. Le commandant Ibrahima Chimère Barro est revenu sur ses déclarations faites durant l’enquête. « Je nie les faits. J’ai raconté cette histoire parce qu’un supérieur m’avait dit de reconnaître les faits. Il m’avait assuré que l’affaire allait se régler en quinze jours », a-t-il déclaré devant le tribunal. Selon sa nouvelle version, il se rendait simplement à Keur Massar après avoir pris deux auto-stoppeurs lorsqu’il a été interpellé par les gendarmes.

De son côté, Hubert Assogba a contesté toute implication dans un réseau de faux monnayage. « Je suis allé au Camp Leclerc pour une affaire d’instruments à vent. C’est la seule fois où j’ai rencontré le commandant Barro », a-t-il soutenu, expliquant que sa présence dans la zone le jour de son arrestation était liée à l’installation d’une sonorisation dans une église.

La défense dénonce un dossier « vide », soulignant l’absence de preuves matérielles, notamment l’absence de scellés présentés au tribunal et d’expertise technique sur les supposés billets noirs. « Sans scellés, le procès est tué dans l’œuf », a martelé l’un des conseils des prévenus.

Après les réquisitions du parquet, qui maintient l’existence d’un réseau de faux monnayage, le tribunal a décidé de mettre l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 15 avril prochain, conclut le quotidien du Groupe futurs médias.
Mame Fatou Kebe






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