Leral.net - Sénégal
leral.net | S'informer en temps réel
International

Fugitifs recherchés en France : le Sénégal parmi les pays où 21 suspects ont été localisés

Rédigé par leral.net le Jeudi 10 Septembre 2026 à 21:22 |

Une note de la police française place le Sénégal parmi les principaux pays de refuge de personnes recherchées par la justice française. Au total, 21 fugitifs y ont été localisés, principalement dans des affaires liées aux stupéfiants, à la criminalité organisée et aux infractions financières.


Le Sénégal apparaît dans une analyse de la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF) de l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO), consacrée aux pays susceptibles d’abriter des personnes recherchées par la justice française.

Selon cette note policière consultée par l’AFP, 21 fugitifs recherchés par les autorités judiciaires françaises ont été localisés au Sénégal. Le pays figure ainsi parmi les destinations identifiées comme des lieux de refuge pour ces personnes recherchées.

Le classement est dominé par le Maroc, avec 218 fugitifs localisés, suivi de l’Algérie (124), d’Israël (87), de la Tunisie (59), des Émirats arabes unis (48) et de la Turquie (41). Le Royaume-Uni compte 34 fugitifs, les États-Unis 20, la Serbie 17 et la Thaïlande 17.

3 600 notices rouges étudiées

Pour établir cette analyse, la BNRF s’est appuyée sur l’étude de 3 600 notices rouges diffusées par Interpol, ainsi que sur une liste de pays dans lesquels les fugitifs recherchés par la justice française sont susceptibles de trouver refuge.

Les infractions concernées ont été réparties en quatre grandes catégories : trafic de stupéfiants, criminalité organisée, violences aux personnes et infractions économiques et financières.

Les pays de l’espace Schengen n’ont pas été intégrés à l’étude, la coopération policière européenne disposant déjà de mécanismes spécifiques. Les personnes recherchées pour des faits de terrorisme ont également été exclues, ces dossiers relevant notamment de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Des profils et des infractions différents selon les destinations

L’analyse met en évidence des tendances différentes selon les pays. Au Maroc, près de la moitié des fugitifs concernés, soit 49 %, sont recherchés pour des faits liés au trafic de stupéfiants.

Les Émirats arabes unis, avec 38 %, et Israël, avec 91 %, apparaissent davantage comme des destinations pour des personnes recherchées dans le cadre d’infractions économiques ou financières. Les fugitifs poursuivis pour des faits de droit commun se dirigeraient davantage vers l’Algérie et la Tunisie.

La police française souligne par ailleurs que l’évolution de la criminalité organisée permet à certains criminels recherchés ou condamnés en France de continuer à piloter leurs activités depuis l’étranger.

La coopération internationale au cœur des investigations

La localisation d'un fugitif à l'étranger ne signifie toutefois pas automatiquement son arrestation. Les enquêteurs français évoquent des investigations souvent longues, menées dans un cadre judiciaire et nécessitant une coopération étroite avec les services de police des pays concernés.

La distance, les différences entre les systèmes judiciaires, les difficultés diplomatiques ou encore les soupçons de corruption peuvent compliquer les opérations.

Pour les autorités françaises, l’arrestation des fugitifs considérés comme prioritaires constitue donc un enjeu majeur dans la lutte contre les réseaux criminels opérant depuis l’étranger. Une fois interpellées, les personnes recherchées peuvent faire l’objet d’une procédure d’extradition vers la France, selon les mécanismes de coopération judiciaire applicables.