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8 choses fausses sur le sperme à ne plus croire

Rédigé par leral.net le Lundi 15 Janvier 2018 à 11:39 | | 0 commentaire(s)|

Cette substance blanchâtre et fertile suscite de nombreuses curiosités… et quelques mythes franchement aberrants. Avec le Pr François Desgrandchamps, urologue à l'hôpital Saint-Louis (Paris), E-Santé revient sur 8 choses à ne plus croire sur le sperme.


Le sperme est un produit de beauté miracle
En masque, en crème ou en smoothie… Les préparations miracle à base de sperme, pullulent sur le web. Certaines blogueuses n'ont pas hésité à vanter les vertus beauté de la semence masculine contre l'acné, les rides ou encore les maladies.
Soyons clairs : quelle qu'en soit la présentation, le sperme n'a aucun effet sur notre peau ou notre santé. S'il est vrai qu'on y trouve protéines, sucres et oligo-éléments, ceux-ci sont destinés aux spermatozoïdes. Difficile, donc, d'en tirer des conclusions sur son effet externe.

Une équipe de l'université de Graz (Autriche) s'y est bien essayée, constatant que la spermidine se retrouvait aussi de nombreux aliments. Mais elle a limité ses recherches aux levures, aux drosophiles et au ver.

La pratique peut, en outre, être à risque : la peau est bien protégée contre les infections sexuellement transmissibles mais ce n'est pas le cas des muqueuses – comme la bouche, les narines ou encore les yeux.

Avaler du sperme peut transmettre le Sida
Pas de mystère sur un point : les liquides biologiques transmettent les bactéries et virus à l'origine des infections sexuellement transmissibles (IST). Et les muqueuses y sont particulièrement sensibles.

Mais comme le précise le portail VIH/sida du Québec, "la bouche est un environnement hostile pour le VIH. Les muqueuses de la bouche, si elles sont saines, constituent une barrière que le virus ne peut traverser." A moins d'avoir les gencives irritées ou de petites plaies, le risque est donc mineur.

Afin de limiter le danger autant que possible, il est recommandé d'éviter les rapports oraux dans l'heure qui précède ou qui suit le brossage des dents ou après avoir mangé des aliments susceptibles d'irriter les muqueuses.

Attention, en revanche, aux autres IST pour qui la bouche est une portée d'entrée comme les autres. C'est le cas de la gonorrhée, des infections à chlamydia, de la syphilis ou encore de l'herpès. Si certaines peuvent être traitées par antibiotiques, certaines sont chroniques ou d'autres résistent avec acharnement aux médicaments. Mieux vaut donc se protéger.

Le sperme fait grossir
Vous imaginez-vous prendre un "Macho Mojito" ou un dessert à base de sperme ? C'est ce que propose l'Américain Paul Photenhauer qui s'est montré pour le moins imaginatif en publiant deux livres de recette inspirés de la semence masculine.
Une question vient – presque naturellement – à l'esprit : avaler du sperme fait-il grossir ? Que les gourmets se rassurent, ça n'est pas le cas, tant qu'il ne s'accompagne d'aucun mets plus calorique. Il ne faut compter que 15 à 30 calories par éjaculat.
La spermatophagie a inspiré de nombreuses recettes, un chef américain a même publié 2 livres sur le sujet. Mais est-ce que cela fait grossir ? 15 à 30 calories par éjaculation, donc peu de risques de grossir.
La chaleur près des testicules rend infertile
Les testicules sont placés à l'extérieur du corps pour une bonne raison : la production des spermatozoïdes est plus efficace à une température légèrement inférieure que celle du corps (37 °C environ).

Mais cela ne signifie pas pour autant que surchauffer cette zone, rend infertile. "Effectivement, la chaleur n'est pas bonne mais ce n'est pas pour autant que c'est une forme de contraception", confirme le Pr Desgrandchamps.

Selon l'urologue, cette idée tire son origine des travaux du Dr Roger Mieusset, qui officie au CHU de Toulouse (Haute-Garonne). Il est l'un des rares médecins français à pratiquer la contraception hormonale. Mais cet andrologue s'est aussi distingué par une invention : le "slip chauffant".

"Il a théorisé qu'en plaçant les testicules au chaud, grâce à un slip très serré qui retient les testicules dans le bas-ventre, les spermatozoïdes perdent de leur qualité, sont moins mobiles et présentent plus d'anomalies", explique François Desgrandchamps.

Après une popularité de courte durée, la mode est retombée comme un soufflé hors du four. Il faut dire que la méthode manquait quelque peu d'efficacité. "Des études ont montré qu'en prenant un bain à 43 °C chaque jour, les spermatozoïdes sont moins vigoureux au bout de 10 jours, se souvient l'urologue. Mais cela n'est pas suffisamment fiable pour être utilisé comme un moyen de contraception."

Se masturber souvent diminue la qualité du sperme
A en croire certains, mieux vaut économiser sa semence si l'on souhaite concevoir. Une idée reçue aussi ridicule que celle affirmant que l'onanisme rend sourd. Sur son site Internet, la Mayo Clinic (Etats-Unis) souligne que les études menées sur le sujet, livrent des résultats inégaux.

Certains travaux suggèrent qu'une abstinence de trois jours est optimale; d'autres que la fréquence de masturbation n'a pas d'effet sur la qualité du sperme. "Si on éjacule tous les jours, la quantité de spermatozoïdes restera la même, souligne le Pr Desgrandchamps. Seul le liquide qui les accompagne diminue, parce que les vésicules séminales n'ont pas le temps d'en sécréter à nouveau."

Rappelons-le, la production de gamètes ne fonctionne pas de la même façon chez l'homme et la femme. Là où ces dames ont une réserve limitée d'ovocytes, ces messieurs ne sont pas soumis aux mêmes limitations. La spermatogenèse est un processus continu, avec une moyenne de 100 millions de spermatozoïdes produits par jour.

Les adeptes du plaisir solitaire pourront même se rassurer : plusieurs études ont montré qu'éjaculer souvent, est associé à un moindre risque de cancer de la prostate !

Moins il y a de sperme, moins on est fertile
"Beaucoup de fantasmes circulent sur le sperme, et notamment sur sa quantité", sourit François Desgranchamps. Le volume de semence émis serait une preuve de virilité. En réalité, les chiffres incitent à rester modeste. "Le volume normal de sperme se situe entre 4 et 6 ml par éjaculation", chiffre l'urologue.

Si ce litrage varie en fonction de la période d'abstinence, son potentiel fertile ne change pas. La répartition reste sensiblement la même : 70 % du liquide est émis par les vésicules séminales, 20 % par la prostate. La part de spermatozoïdes est donc stable. Un homme fécond produira ainsi 80 à 100 millions de gamètes par éjaculation. En dessous de 15 millions par millilitre, des troubles de la fertilité peuvent se manifester.

Certains aliments augmentent la quantité de sperme
"Une légende veut que la bière soit un spermagogue", s'amuse le Pr Desgrandchamps. La simple idée que la bière puisse favoriser la production de sperme arrache un rire à l'urologue. "C'est faux. Rien n'augmente la quantité de sperme, sauf l'abstinence – et encore !"

Si aucun aliment n'aide à éjaculer en plus grand volume, notre assiette peut toutefois aider à avoir un sperme de meilleure qualité. "En matière d'alimentation, les facteurs de risque sont les mêmes que pour d'autres paramètres de santé, confirme François Desgrandchamps. Les viandes rouges, le gras, les boissons sucrées ne sont pas très bons." Un seul conseil, donc : soignez votre assiette pour soigner vos gamètes.

Trop de sperme dilue les spermatozoïdes
L'hyperspermie correspond à une définition très précise : un volume de liquide séminal supérieur à 6 ml lors de l'éjaculation. Mais les mythes circulent sur les implications d'un tel diagnostic. "Les infections prostatiques ne donnent pas d'hyperspermie, ce serait plutôt le contraire", note le Pr Desgrandchamps.

De même, certains affirment que l'hyperspermie réduit la fertilité. "On peut lire par endroits que cela dilue les spermatozoïdes. Cette affirmation n'a aucun sens. Le liquide d'accompagnement ne pose pas de problème", dément l'urologue.



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