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L'opposition indexe les "dérives anti-démocratiques du régime de Macky Sall" (Initiative pour des élections démocratiques au Sénégal)

Texte liminaire de la conférence de presse des partis de l'Opposition et des organisations démocratiques signataires de l'Initiative pour des élections démocratiques au Sénégal tenue ce mercredi 31 janvier 2018 à l'hôtel Fana sur la route du Méridien Président pour informer l'opinion publique nationale et internationale sur les dérives anti-démocratiques du régime de Macky Sall.


Rédigé par leral.net le Jeudi 1 Février 2018 à 09:46 | | 0 commentaire(s)|

L'opposition indexe les "dérives anti-démocratiques du régime de Macky Sall" (Initiative pour des élections démocratiques au Sénégal)
Initiative pour des élections démocratiques
Conférence de presse
Déclaration liminaire des partis et organisations signataires

 
Nous vous remercions d’avoir répondu à cette conférence de presse organisée par l’IED, groupement de 23 partis et organisations démocratiques.
 
Comme vous le savez, nous organisons une marche importante le 9 Février 2018 pour obtenir des autorités politiques la tenue d’une élection présidentielle démocratique, libre et transparente.
 
Nous avions transmis, dès notre constitution, notre initiative au Président de la République et au gouvernement du Sénégal. Nous n’avons reçu aucune réponse à ce jour. Nous allons continuer notre combat jusqu’à satisfaction de nos revendications et le 9 Févier sera l’expression d’une première mobilisation. Celle-ci prendra des formes différentes après mais ira crescendo.
 
Comme vous le savez, les élections législatives du 30 juillet 2017 ont été une mascarade que les partis politiques, les organisations démocratiques et la société civile ont dénoncée. Ce fut une mascarade planifiée de longue date et exécutée de sang-froid par le pouvoir en place. Jamais les fraudes n’ont pris dans l’histoire politique du Sénégal une telle ampleur. C’est pourquoi, nous partis politiques et organisations, nous nous sommes constitués pour dire : « Plus jamais ça » et avons décidé de combattre ensemble pour des élections libres et transparentes.
 
Le denier rapport de la Commission électorale nationale autonome (CENA)a confirmé les raisons pour lesquelles l’Opposition a considéré qu’il s’agissait d’une non-élection.
  • 3.310.435 ont voté alors que 2.798.308 électeurs n’ont pas reçu leurs cartes lors des élections législatives
 
  • 45% des électeurs inscrits ont été privés de leurs cartes et seule la fraude massive et l’autorisation du Conseil Constitutionnel de voter sans carte d’électeur et sans carte d’identité ont pu expliquer les 3.310.435 votants, et l’on ose nous parler d’une élection libre.
 
  • Une élection dans laquelle près de 150.000 cartes d’électeurs ont été produites sans être livrées aux autorités administratives. Pourquoi cette rétention ? A qui appartiennent ces cartes ?
 
  • Une élection dans laquelle 1.650.000 cartes n’ont pas été distribuées alors qu’elles ont été bel et bien livrées aux autorités administratives.
 
  • Le gouvernement n’a pas jugé utile d’ouvrir 220 bureaux de vote à Touba correspondant à près de 100.000 électeurs.
 
C’est tout ce processus de confiscation du suffrage des citoyens Sénégalais que nous n’avons jamais cessé de dénoncer sur tous les toits, à longueur de journée, sans avoir jamais été écoutés par le pouvoir notamment le ministère de l’Intérieur. Et pour cause !
 
C’est pourquoi aussi cette parodie d’élection était plutôt une non-élection qui aurait dû même, comme nous l’avons dit maintes fois, être reprise d’autant plus que le conseil constitutionnel, qui s’est prononcé sur les recours et qui a proclamé les résultats, a démontré sa collusion avec le pouvoir bien avant les élections législatives en commettant un double forfait : d’une part, modification de la loi électorale à la place du législateur qui se trouve être le parlement et, de l’autre, violation flagrante des dispositions pertinentes de la CEDEAO qui interdisent formellement la modification de la loi électorale dans les six mois précédant les élections.
 
Après la non-élection, vers la fin de l’année dernière, le gouvernement a initié ce qu’il a appelé dialogue politique ou discussions autour du code électoral.
 
Nous avons estimé que ce dialogue, convoqué par le Ministre de l’Intérieur, n’est qu’une entreprise de légitimation et d’amélioration des performances de la fameuse machine de confiscation du suffrage populaire qui a déjà servi au référendum de 2016 et aux législatives de 2017. Qu’est-ce que le Président de la République a posé depuis les législatives, comme acte susceptible d’indiquer qu’il prenait véritablement en considération les points de vue de l’opposition, lesquels viennent d’être corroborés en tous points par le rapport de la CENA ?

Rien, absolument rien ! Voilà pourquoi nous, parties prenantes de cette initiative, avons décidé de récuser ce schéma de soi-disant dialogue que Macky Sall veut imposer à l’opposition sur le mode du : « c’est à prendre ou à laisser ». Nous récusons le médiateur qu’il a désigné. Nous constatons avec regret que dans ce simulacre de dialogue et d’audit, le gouvernement précise toujours que l’opposition est partie prenante alors qu’un simple calcul, à partir des résultats officiels des élections législatives falsifiés, montre que les partis qui disent représenter l’opposition ne font pas 5% des voix qui se sont prononcées contre la liste de la majorité présidentielle (Benno Bokk Yaakaar).
 
C’est au vu de tout ce qui précède que l’initiative s’est constituée et est ouverte à tous les partis politiques de l’Opposition, à toutes les organisations démocratiques et de la société civile, aux citoyens sans appartenance politique, à tous les patriotes et démocrates sincères. Le combat à mener n’est pas un combat partisan. Il s’agit d’un combat qui doit concerner et engager l’ensemble de notre peuple qui est la seule instance habilitée à désigner, dans la sérénité et la liberté, celles et ceux qui lui conviennent pour conduire ses destinées le temps d’un mandat. Toute force ou toute autorité qui voudra se mettre au travers de ce principe fondateur de la souveraineté populaire devra faire face au peuple tout entier. 
 
Nous réaffirmons à cet égard très clairement notre attachement à la paix civile et à la stabilité politique de notre pays et  notre disponibilité à des discussions avec le pouvoir comme cela se faisait hier entre acteurs politiques et de la société civile. Cette tradition avait fini par ancrer – définitivement pensions-nous – la culture d’élections honnêtes sans contestations sérieuses.

C’est aussi sur la base de ce souci de voir restaurer les conditions d’un nouveau consensus autour du processus électoral que nous avions transmis au Président de la République une lettre qui reprend les préoccupations contenues dans notre initiative. Ce dernier, nous le rappelons, n’est pas le seul et unique acteur dans la matière électorale pour arrêter à son niveau exclusif la manière dont les choses doivent se passer.

Mais nous tenons aussi, in fine, à exprimer ici notre détermination sans faille, à consentir tous les sacrifices nécessaires pour enrayer la machine de confiscation de la volonté populaire par laquelle tout ce que la CENA vient de mettre en évidence a pu être exécuté de manière froide et délibérée.

Nous mettons en garde les amis du gouvernement Sénégalais et appelons l’attention de tous les pays qui contribuent d’une manière ou d’une autre à la prise en charge de nos élections, ainsi que celle des observateurs internationaux sur la nécessité de ne pas attendre le jour du scrutin ou au lendemain de celui-ci, pour regretter ou déplorer des phénomènes qui se sont accumulés tout au long d’un processus électoral qui n’aura été ni transparent, ni démocratique, ni sincère.

Après cette marche du 9 février 2018, si le Président ne nous écoute pas, nous poursuivrons le travail d’organisation dans les autres départements du pays et dans la diaspora et arrêterons un autre plan d’action pour intensifier et élargir le champ des luttes de façon qu’à terme le peuple, dans son écrasante majorité, porte le combat parce qu’il aura compris que c’est son propre combat.
 
Dakar le 31 janvier 2018
Le Groupe des Dirigeants de l’Initiative pour des Elections Démocratiques



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