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Santé
Le manque d’eau potable tue trois fois plus d`enfants que la violence
Dans les pays en proie à un conflit prolongé, les enfants de moins de 15 ans risquent en moyenne trois fois plus de mourir de maladies diarrhéiques, liées au manque d'eau potable et d'hygiène, que par la violence directe, constate vendredi l'Unicef dans un nouveau rapport publié à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau.

"La réalité, c'est qu'il y a plus d'enfants qui meurent par manque d'accès à une eau salubre que par balles", assène Henrietta Fore, directrice générale du Fonds des Nations unies pour l'enfance.

Dans les 16 pays frappés par de longs conflits et mis sous la loupe dans le rapport "Water under fire", Unicef dénombre 85.700 cas mortels de diarrhée parmi les moins de 15 ans, contre 30.900 décès dus à la violence directe entre 2014 et 2016.

Les enfants de moins de 5 ans sont même 20 fois plus susceptibles de succomber des suites de diarrhées que de violences. Ainsi, 72.000 enfants de cette tranche d'âge sont décédés de ce trouble, contre 3.400 à cause de violences collectives, pointe le rapport.

Outre la diarrhée, l'absence de services d'eau, d'assainissement et d'hygiène (EAH) efficaces entraîne des problèmes de malnutrition et des maladies comme la typhoïde, le choléra et la poliomyélite. Au Yémen, avec l'intensification du conflit en 2015, la plus gande épidémie récente de choléra a infecté plus de 1,3 million de personnes entre avril 2017 et décembre 2018. Environ un tiers des cas (29%) concernaient des enfants de moins de 5 ans.

Les filles particulièrement touchées

Les filles sont particulièrement touchées par la problématique de l'accès à l'eau, souligne par ailleurs le rapport. "Elles sont vulnérables aux violences sexuelles lorsqu'elles vont chercher de l'eau ou s'aventurent à utiliser des latrines", pointe l'Unicef.

"Elles manquent aussi des cours pendant leurs règles si leurs écoles ne disposent pas d'eau et d'installations sanitaires adéquates." Les infrastructures liées à l'eau sont devenues la cible d'attaques délibérées, durant lesquelles le personnel de ces structures est blessé ou l'électricité qui assure leur fonctionnement est coupée.

L'Unicef appelle dès lors gouvernements et partenaires à mettre fin à ces assauts ciblés, à lier les réponses humanitaires vitales au développement de systèmes durables d'approvisionnement en eau et d'assainissement pour tous et à renforcer la capacité des gouvernements et des organismes d'aide à fournir en permanence ces services en situation d'urgence.

Le droit à une eau potable saine est inscrit dans la Convention des droits de l'Enfants des Nations-Unies.





afriquefemme.com
 
La césarienne cinquante fois plus mortelle pour les femmes africaines, selon une étude
Le taux de mortalité maternelle après une césarienne en Afrique serait cinquante fois supérieur à celui des pays riches, selon une étude publiée vendredi.

Près d'une femme sur deux cent est décédée après une césarienne, selon cette étude concernant près de 3.700 mères de 22 pays africains parue dans la revue médicale The Lancet Global Health.

La mortalité maternelle est par comparaison de l'ordre de 0,1 pour 1.000 opérations au Royaume-Uni alors qu'elle atteint 5,43 pour 1.000 opérations pour les mères africaines étudiées (sur la base de 20 décès après césarienne sur 3.684 mères africaines).

Les femmes africaines ont présenté près de trois fois plus de complications pendant l'intervention chirurgicale que les femmes américaines. Les saignements sévères, pendant ou suivant l'opération, représentent la complication la plus fréquente chez les femmes africaines. "L'amélioration des résultats chirurgicaux de la césarienne pourrait considérablement réduire la mortalité maternelle et néonatale" (décès dans les 28 premiers jours de la vie), estime le professeur Bruce M. Biccard, de l'Université du Cap (Afrique du Sud) qui a dirigé l'étude.

Dans cette étude, les trois quarts des césariennes ont été faites en urgence (78,2%, 2.867 femmes). Et nombre de mères sont arrivées en chirurgie avec un risque préopératoire déjà élevé en raison de complications liées à la grossesse.

Les mères qui ont des complications placentaires préopératoires, une rupture de l'utérus, des saignements avant la naissance, des saignements obstétricaux sévères au cours de la chirurgie et des complications de l'anesthésie sont plus susceptibles de mourir après ou au cours d'une césarienne.

Cette étude fait partie d'une vaste étude "ASOS" (African Surgical Outcomes Study) mesurant les résultats chirurgicaux de tous les patients opérés pendant sept jours dans 183 hôpitaux de 22 pays africains.

Elle montre que les césariennes sont la chirurgie la plus courante et représentent en moyenne un tiers des interventions chirurgicales en Afrique tandis que le taux de mortalité néonatale après césarienne atteint le double de la moyenne mondiale. "Paradoxalement, alors que de nombreux pays cherchent à réduire le taux d'accouchement par césarienne, l'augmentation du taux de césariennes reste une priorité en Afrique", remarque le professeur Biccard. "Améliorer l'accès à la chirurgie - et la sécurité de cette procédure - pourrait permettre aux patientes de se présenter plus tôt et d'éviter des complications et des décès", poursuit-il.


Dans cette optique, il préconise une meilleure identification précoce de risque de saignement et une utilisation moins restrictive des traitements de l'hémorragie post-partum. Des produits sanguins de longue durée de conservation, ainsi qu'une aide en ligne ou via des applications mobiles à l'anesthésie pratiquée par des non médecins, pourraient aussi contribuer à accroître les taux de survie.

Le nombre de naissances par césarienne a quasiment doublé dans le monde en quinze ans, de 12% à 21% entre 2000 et 2015, dépassant même 40% dans 15 pays, selon une analyse parue en 2018 dans la revue médicale The Lancet. On estime entre 10% et 15% la proportion de césariennes absolument nécessaires pour des raisons médicales.







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Dans le cadre de la semaine du Cerveau qui se tient en ce moment, notre Doc France Bleu Occitanie, le Docteur Jean-Louis Ducassé a souhaité faire un focus sur la migraine qui, disons-le sans prise de tête, toucherait 17 à 20 % des adultes en France.


Santé: Le cerveau et la migraine
6 personnes sur 10 seraient ainsi touchées par cette pathologie sans le savoir. Et, à l’opposé, de nombreux douloureux confondent les maux de tête (les céphalées) avec la migraine … car ce mot de migraine est passé dans le langage courant et n’est donc pas toujours utilisé à bon escient. Or la migraine se distingue rigoureusement des autres céphalées par des critères cliniques précis. Et on la scinde en deux catégories : la migraine avec ou sans aura.

Avec aura, le mal de tête s’accompagne de troubles qui apparaissent graduellement. Neuf fois sur dix, c’est la vue qui est affectée, avec des points, des taches brillantes, des trous dans le champ de vision. Mais parfois, ce sont des fourmillements, des picotements ou un engourdissement d’une main, d’un pied ou de la face. Ou encore, des difficultés à s’exprimer, des problèmes auditifs ou olfactifs …

Autant de signes absents dans la migraine sans aura, où l’on note, outre un mal de tête persistant (4 à 72 heures sans traitement), des problèmes digestifs ou une hypersensibilité à la lumière. Quant aux douleurs, ressenties d’un seul côté du crâne, elles peuvent s’aggraver avec le mouvement, mais aussi obliger le migraineux à s’aliter.

D’où viennent ces maux de tête Docteur ?
D’abord, d’une stimulation de l’hypothalamus au sein du cerveau qui provoque une stimulation des neurones qui innervent les artères des méninges entourant le cerveau. Cette hypersensibilité de ces neurones conduit à une sécrétion excessive de neuropeptides qui sont des messagers chimiques qui provoquent une dilatation des vaisseaux cérébraux et la libération de substances inflammatoires responsables des douleurs.

Les facteurs déclencheurs sont variés : le cycle menstruel, des émotions fortes, un effort physique inhabituel, trop de sommeil ou pas assez, de la lumière ou des odeurs intenses, un coup de chaud, de froid, ou un vent violent, un repas trop lourd, ou un repas sauté, ou encore un excès d’alcool. Pour qui souffre de migraine, il est très important de repérer ces facteurs, afin de les éviter et donc de prévenir ces crises migraineuses

C’est là l’un des impératifs de leur prise en charge.

Même si, pour l’heure, on n’en guérit pas, il existe des traitements pour limiter la durée et la sévérité des crises de migraine : des anti-inflammatoires bien sûr mais aussi des triptans, des gepans ... et aussi des traitements pour rendre les crises moins fréquentes : bêtabloquants, antidépresseurs, antiépileptiques, …

La recherche avance et si certains produits disponibles en Europe ne le sont pas forcément en France parlez-en à votre médecin traitant qui pourra vous adresser à des médecins et des services de spécialisés dans la prise en charge de la migraine.







France Bleu
Accoucher après le terme : est-ce grave ?
Lorsque la grossesse dépasse 41 semaines d'aménorrhée (SA), elle est dite prolongée. Le terme est dépassé lorsque la durée de la grossesse dépasse 42 SA. Le prolongement de la grossesse étant associé à des risques de complications, si vous n'avez pas accouché le jour du terme, une surveillance est effectuée et l'accouchement peut être déclenché.

Pourquoi une grossesse prolongée ? Une grossesse à terme correspond à 41 semaines d'aménorrhée (SA) soit 49 semaines de grossesse. Une fois que ce délai est passé, une grossesse est dite prolongée, entrée 41 et 42 SA. Si l'accouchement n'a pas lieu à 42 SA, le terme est dépassé.

En France, 15 à 20% des femmes ont une grossesse prolongée. Le terme dépassé concerne seulement 1% des grossesses. Pourquoi certaines femmes dépassent-elles le terme de leur grossesse ? Des facteurs familiaux, héréditaires et ethniques entrent en ligne de compte.
- Les facteurs de risque de dépassement de terme retrouvés dans les études ?
- Les antécédents personnels et familiaux de dépassement du terme
- La nulliparité (qui n’a jamais eu d’enfant)
- L’âge maternel
- L’origine ethnique
- Le poids (l'obésité favorise le dépassement de terme)

Grossesse après le terme : surveillance car risque de complications

Les grossesses prolongées présentent un risque augmenté de mortalité et de morbidité fœtale. Le risque de mortalité périnatale passe ainsi de 0,7% à 5,8% de 37SA +6 j à 43 SA+6j. Le fœtus présente en effet un risque augmenté d'oligoamnios (manque de liquide amniotique), d'anomalies du rythme cardiaque fœtal, d'émission de méconium in utero.

L'oligoamnios concerne 10 à 15% des grossesses prolongées. Les nouveau-nés nés après terme présentent un risque augmenté de complications neurologiques, de troubles du développement psychomoteur, d'infirmité motrice cérébrale... Les grossesses prolongées présentent également des risques de complications maternelles.

Dépassement du terme : une surveillance rapprochée

Une surveillance rapprochée est effectuée à partir de 41SA lorsqu'une femme n'a pas accouché à cette date. Les examens effectués 2 à 3 fois par semaine ? Un examen clinique, un monitoring afin de surveiller le rythme cardiaque fœtal et ainsi de pouvoir déceler une éventuelle souffrance fœtale, une échographie pour vérifier les dimensions du bébé, la quantité de liquide amniotique, la qualité du placenta. Si l'accouchement n'a pas eu lieu à 41SA+6j, il est déclenché.

Comment est déclenché l'accouchement après son terme ? En l'absence de pathologie, un déclenchement est proposé aux futures mamans entre 41+0 SA et 41 6jSA. Le moment est déterminé en fonction des caractéristiques maternelles (condition du col, cicatrice utérine, âge, poids...), des préférences de la maman et de l'organisation des soins des maternités. Il existe plusieurs méthodes de déclenchement :
- Décollement des membranes
- Injection d'ocytocine
- Tampon ou gel de prostaglandines
- Moyens mécaniques (sonde de Foley)

La méthode choisie dépend de l'état du col utérin. Ainsi, l'utilisation de prostaglandines peut se faire avec un col utérin favorable ou non favorable. Le nouveau-né qui nait après terme et a inspiré du liquide méconial peut subir une aspiration, une intubation, une ventilation au masque...




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Infarctus, AVC, les maladies cardio-vasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde: il meurt chaque année plus de personnes en raison de maladies cardio-vasculaires que de toute autre cause. On estime à 17,7 millions le nombre de décès imputables aux maladies cardio-vasculaires, soit 31% de la mortalité mondiale totale. Parmi ces décès, on estime que 7,4 millions sont dus à une cardiopathie coronarienne et 6,7 millions à un AVC. Dès les premiers signes, vous devez consulter en urgence.


Infarctus, AVC : les symptômes qui doivent vous alerter
Il est fréquent qu’une maladie cardiovasculaire touchant les vaisseaux sanguins ne donne aucun symptôme. Un infarctus ou un AVC sont parfois le premier signe d’une maladie cardiaque sous-jacente.

Les principaux facteurs de risques des cardiopathies et des AVC, sont une mauvaise alimentation, un manque d’activité physique, le tabagisme et l’usage nocif de l’alcool. Certains facteurs de risque peuvent encore aggraver les risques comme: l’hypertension, une hyperglycémie, une hyperlipidémie, le surpoids et l’obésité.

Les symptômes de l’infarctus
Un infarctus peut provoquer notamment les symptômes suivants:

– douleur ou gêne dans la partie centrale de la poitrine;

– douleur ou gêne au niveau des bras, de l’épaule gauche, des coudes, de la mâchoire ou du dos.

– difficultés à respirer ou un essoufflement,

– éprouver un malaise ou vomir,

– avoir des sensations vertigineuses ou s’évanouir,

– être prise de sueurs froides ou pâlir.

La probabilité de ressentir des difficultés respiratoires ou des nausées, de vomir ou encore d’éprouver une douleur à la mâchoire ou au dos, est plus forte pour les femmes.

Les symptômes de l’AVC
Le symptôme le plus courant d’un AVC est une sensation de faiblesse soudaine au niveau de la face, du bras ou de la jambe, le plus souvent sur un seul côté du corps.

Un AVC peut aussi provoquer l’apparition brutale des symptômes suivants:

– engourdissement de la face, du bras ou des jambes, en particulier d’un seul côté du corps;

– confusion, difficultés à parler ou à comprendre un discours;

– difficultés visuelles touchant un œil ou les deux;

– difficultés à marcher, étourdissement, perte d’équilibre ou de coordination;

– céphalées sévères sans cause connue et syncope ou perte de conscience.

Les personnes présentant ces symptômes doivent consulter immédiatement.

Les mesures de prévention à adopter qui marchent
Il est possible de prévenir la plupart des maladies cardiovasculaires en s’attaquant aux facteurs de risque comportementaux: tabagisme, mauvaise alimentation et obésité, sédentarité et utilisation nocive de l’alcool.

Cesser de fumer, réduire l’apport en sel dans son alimentation, consommer des fruits et des légumes, pratiquer une activité physique régulière et éviter l’usage nocif de l’alcool, permettent de réduire le risque de maladie cardiovasculaire. En outre, le traitement du diabète, de l’hypertension et de l’hyperlipidémie peut s’avérer nécessaire pour diminuer le risque cardiovasculaire et prévenir les infarctus et les AVC.




Presse Santé

La pollution de l'air pourrait être deux fois plus meurtrière que ce que l'on pensait: une étude parue mardi la juge responsable de près de 800.000 morts par an en Europe et 8,8 millions dans le monde.


Pollution de l'air: une nouvelle étude revoit le nombre de morts à la hausse
Entre 40 et 80% de ces décès prématurés sont dus à des maladies cardiovasculaires, estiment les chercheurs, qui publient leurs travaux dans la revue European Heart Journal.

"Cela veut dire que la pollution de l'air fait plus de morts chaque année que le tabac, responsable de 7,2 millions de décès en 2015 selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS)", a affirmé l'un des auteurs, le professeur Thomas Münzel de l'université de Mayence (Allemagne).

"On peut éviter de fumer, mais on ne peut pas éviter d'être soumis à un air pollué", a-t-il ajouté.

Les chercheurs estiment à 790.000, le nombre de morts dus à la pollution de l'air en 2015 dans l'ensemble de l'Europe, dont 659.000 dans les 28 états de l'Union européenne.

Cette estimation est nettement supérieure à celle de l'Agence européenne de l'environnement (AEE).

Dans son rapport annuel publié en octobre, elle jugeait que la pollution de l'air aux particules très fines (PM2,5), au dioxyde d'azote (NO2, émis par les moteurs diesel) et à l'ozone (O3) était responsable en 2015 de 518.000 décès prématurés dans 41 pays d'Europe, et 480.000 dans l'UE.

L'étude publiée mardi est essentiellement consacrée à l'Europe, mais ses auteurs ont également appliqué leur méthode de calcul à l'ensemble du monde.

Ils arrivent au chiffre astronomique de 8,8 millions de morts causés par la pollution de l'air en 2015 sur l'ensemble de la planète, dont 2,8 millions pour la Chine. De précédents travaux chiffraient plutôt le total mondial à 4,5 millions.

Pour réviser ces chiffres, les chercheurs allemands ont utilisé un nouvel outil statistique.

Ils ont estimé l'exposition aux polluants en se basant sur un modèle simulant la façon dont les gaz atmosphériques interagissent avec les composés chimiques issus de l'activité humaine (production d'énergie, industrie, transports, agriculture...)

Ils ont appliqué ces données à un nouveau modèle statistique combinant les taux de mortalité et l'exposition.

- Baisser les seuils -

"Nous avons utilisé de nouvelles analyses des risques, basées sur des données épidémiologiques beaucoup plus larges qu'auparavant et provenant de 16 pays", a indiqué à l'AFP l'un des scientifiques, Jos Lelieveld.

En moyenne, la surmortalité mondiale attribuée à la pollution de l'air par cette étude est de 120 décès par an pour 100.000 habitants. Ce taux est supérieur en Europe (133), bien que les contrôles y soient plus stricts que dans d'autres régions.

"Cela s'explique par la combinaison d'une piètre qualité de l'air et d'une forte densité de population, qui aboutit à une exposition parmi les plus élevées du monde", selon le professeur Lelieveld.

L'Europe de l'Est est particulièrement touchée, avec 36.000 morts par an pour la Roumanie ou 76.000 pour l'Ukraine, soit des taux supérieurs à 200 décès pour 100.000 habitants.

Pour l'Allemagne, le taux est de 154 décès pour 100.000 habitants, contre 98 au Royaume-Uni ou 105 en France.

Les auteurs de l'étude jugent "urgent" de baisser les seuils d'exposition aux particules fines.

La limite annuelle moyenne pour les PM2,5 fixée par l'Union européenne est de 25 microgrammes par mètre cube, soit 2,5 fois plus que les recommandations de l'OMS.

"Dans la mesure où la plupart des particules fines et des autres polluants de l'air en Europe proviennent de la combustion des énergies fossiles, il est urgent de passer à d'autres sources d'énergie", a plaidé le Pr. Lelieveld.

Ces travaux "semblent montrer que le risque cardiovasculaire lié à la pollution de l'air a été sous-estimé, et ce constat me paraît pertinent", a commenté une scientifique qui n'a pas participé à l'étude, le docteur Holly Shiels, de l'Université de Manchester.

"Auparavant, on se concentrait sur les risques de cancer liés à la pollution de l'air ou les effets immédiats sur l'appareil respiratoire. Désormais, on comprend mieux le lien avec les problèmes cardiaques, les effets sur le cerveau ou les questions de reproduction", a déclaré à l'AFP le patron de l'AEE, Hans Bruyninckx, dans un entretien indépendant de la publication de l'étude.









France24

Selon les projections, 41 millions de personnes seront diabétiques en 2045 sur le continent. Une menace que peu d’Etats africains semblent capables de désamorcer.


Le diabète, bombe à retardement pour l’Afrique
Installé dans le fauteuil habituellement réservé au responsable du centre de soins de l’ONG Action santé, Issaka, la quarantaine, semble un peu intimidé. En retard à cause des sempiternels embouteillages d’Abidjan, il est venu à Anoumabo, un des quartiers les plus pauvres de la capitale économique ivoirienne, pour partager l’histoire de sa mère.

Mais parler de la maladie qui l’a emportée il y a quelques mois est encore difficile, car d’habitude, ici, le diabète, on n’en parle pas. Encore mal connue de beaucoup d’Ivoiriens, la maladie reste un tabou. Issaka veut rompre le silence en espérant que cela aide à ce que les malades et leurs familles ne se sentent plus stigmatisés et, qui sait, que l’Etat s’empare du problème pour garantir aux patients un accès aux soins.

En Côte d’Ivoire, comme dans de nombreux pays d’Afrique, les maladies non transmissibles (MNT) sont en augmentation constante et constituent désormais une des causes majeures de décès. En 2018, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 37 % des décès dans le pays étaient liés aux MNT (cancers, pathologies cardio-vasculaires, respiratoires, métaboliques, etc.). En 2017, le diabète a tué plus de 300 000 Africains et, selon les projections, 41 millions de personnes seront diabétiques en 2045 sur le continent.

Avec une augmentation de 156 % des cas en moins de trente ans, l’Afrique sera alors la région du monde avec la plus forte progression de la maladie. Une véritable bombe à retardement que peu d’Etats africains semblent capables de désamorcer, et une menace pour la santé mondiale que les pays du Nord ont encore bien du mal à reconnaître.

Comme environ 70 % des personnes diabétiques en Côte d’Ivoire, la mère d’Issaka a découvert sa maladie lors d’une complication : « C’était en 2014, à cause d’une plaie qui ne guérissait pas malgré les remèdes du tradithérapeute. Elle a dû se rendre à l’hôpital. Les dommages à son pied étaient tels qu’elle a dû être amputée. » A partir de ce moment, c’est la vie de toute la famille qui a été bouleversée.

Faute de couverture sociale, réservée pour l’heure aux salariés de certaines entreprises privées et aux fonctionnaires, insuline et antidiabétiques oraux restent à la charge du patient. Issaka déboursait ainsi environ 30 000 francs CFA (45,7 euros) chaque mois pour le traitement de sa mère, soit la moitié du salaire minimum en Côte d’Ivoire.

« En plus des changements d’alimentation, c’est la sédentarité grandissante dans la population ivoirienne qui nourrit aussi l’épidémie de maladies métaboliques à laquelle nous faisons face », Pr Jacko Abodo, CHU de Yopougon 
 

Mais le diabète génère aussi de nombreux coûts annexes (analyses, consultations de suivi, mesures de glycémie…) qui pèsent lourd sur le budget des patients et des familles, pour lesquelles acheter une nourriture adaptée est déjà souvent un problème. S’approvisionner en fruits et légumes n’est pas toujours facile à Abidjan, il faut parfois faire plusieurs kilomètres, et leur conservation reste problématique. Tout comme celle de l’insuline.

« Ma mère n’avait pas de frigo, c’était trop cher. On a donc acheté une glacière qu’on rechargeait régulièrement en glace, raconte Issaka. On s’est réparti tous ces frais avec mes frères ; une personne toute seule ne peut pas payer, c’est trop ! » Même dans les hôpitaux publics, les Ivoiriens doivent payer pour avoir accès à une prise en charge.

Après quelques mois de gratuité des soins, dé­crétée lors de l’arrivée au pouvoir du président Ouatarra, la situation s’est rapidement compliquée. « Nous faisons les ordonnances aux patients hospitalisés et les familles vont acheter ce qu’il faut dans les pharmacies alentour, explique, dépitée, la docteure Adélaïde Hué, chef de clinique dans un des CHU d’Abidjan. Pour beaucoup, c’est impossible de se payer tout cela, alors quand il y a des tradithérapeutes qui leur font miroiter de les guérir pour quelques milliers de francs, il n’y a pas photo ! »

« S’il n’y a pas d’urgence, la plupart des gens ne voient pas de médecin, confirme un médecin du CHU de Cocody. Ils n’arrivent à l’hôpital que quand les tradithérapeutes ont échoué, et il est souvent trop tard. » Diagnostic tardif et manque de traitement sont responsables d’un nombre important de complications sévères (coma, insuffisance rénale, cécité, gangrène…) qui conduisent à des handicaps lourds, avec des répercutions économiques et sociales majeures.

« Nous appuyons sur cet aspect pour faire comprendre qu’il ne faut pas négliger le diabète et se faire dépister quand c’est possible, explique Abdul Beité, fondateur de l’ONG abidjanaise Action santé. On explique que la prévention est importante car quand la maladie arrive, c’est souvent toutes les économies du foyer qui y passent .»

L’ONG, fondée il y a tout juste dix ans, tente tant bien que mal d’apporter du soutien aux patients diabétiques, à Abidjan mais aussi dans des zones rurales du pays. Avec quelques collaborateurs, Abdul Beité organise des journées de sensibilisation, avec des mesures de glycémie, mais l’ONG ne reçoit aucun soutien de l’Etat et les dons sont rares. « Ici les gens ont un proverbe : “Aide neuf pauvres et sois sûr d’être le dixième.” C’est très représentatif de la situation. La solidarité ne fonctionne plus car on n’a même plus les moyens de s’entraider », confie un des membres de l’ONG.

Pourtant la prévention devrait être un pilier de la lutte contre le diabète de type 2, qui représente plus de 90 % des cas de diabète en Côte d’Ivoire, comme dans la plupart des pays du monde. Liée aux changements des modes de vie qui touchent les populations africaines, cette pathologie est en partie évitable.

« Mais il y a encore beaucoup d’a priori sur le diabète ici. Beaucoup de gens pensent qu’il s’agit uniquement d’une maladie “de vieux ou de riches” et se croient donc à l’abri. Pourtant, toutes les couches de la population sont désormais touchées, et de plus en plus de jeunes », souligne le docteur Béranger Kouamé, responsable d’une consultation diabète et hypertension à l’hôpital général de Bonoua, à une cinquantaine de kilomètres à l’est d’Abidjan.

Le poids de l’urbanisation galopante

Le médecin fait un constat sans appel sur la transition alimentaire qui frappe la Côte d’Ivoire : la nourriture traditionnelle est de plus en plus remplacée par des produits industriels, trop gras, salés et sucrés. Les sodas, biscuits, bonbons et snacks sont en effet omniprésents sur les petits étals disséminés au bord de la route principale qui traverse la bourgade.

Dans les supermarchés des quartiers populaires d’Abidjan, la taille démesurée des pots de pâte à tartiner au chocolat laisse songeur, presque autant que l’étiquetage de certains produits. Ainsi peut-on lire sur les yaourts, bien difficiles à avaler pour un palais européen tant le sucre y est présent : « Lait, sucre », sans aucune indication sur les proportions, l’étiquetage n’étant pas obligatoire.

Le pain blanc est aussi devenu un élément quotidien de l’alimentation des Ivoiriens, comme les croissants et autres viennoiseries aux piètres qualités nutritionnelles. « Nous observons cela partout : l’industrie agroalimentaire dépense énormément en marketing afin que le consommateur se sente valorisé en achetant ces produits, et c’est d’une efficacité redoutable, notamment sur les plus jeunes », confirme Stéphane Besançon, directeur de l’ONG Santé diabète, déployée dans différents pays d’Afrique, dont le Mali et le Burkina Faso.

« En plus des changements d’alimentation, c’est la sédentarité grandissante dans la population ivoirienne qui nourrit aussi l’épidémie de maladies métaboliques à laquelle nous faisons face », relève le professeur Jacko Abodo, chef du service d’endocrinologie et diabétologie du CHU de Yopougon et président de l’association Obésité diabète de Côte d’Ivoire.

Une sédentarité largement favorisée par l’urbanisation des populations. Jusqu’à un tiers de la population serait en surpoids dans les grandes villes africaines. En 2009, 40 % des Africains vivaient en zone urbaine. Un chiffre qui devrait atteindre les 60 % d’ici à 2050.

Abidjan accueille déjà presque un quart des 24 millions d’habitants du pays. Bien que des lignes de bus existent, la plupart des Abidjanais se déplacent avec leur propre voiture, en taxi, partagé à cinq ou six parfois, ou en minibus, malgré les embouteillages qui engorgent la ville du matin au soir. « On observe le même phénomène à Bamako : se déplacer à pied est souvent perçu comme réservé aux pauvres », relève Stéphane Besançon.

Elle touche 10 à 20% des femmes en âge de procréer mais reste encore méconnue. Une campagne commence ce lundi 4 mars 2019 pour faire connaître l'endométriose, une maladie caractérisée principalement par les douleurs des règles.


Maladie encore méconnue, l’endométriose touche 1 femme sur 7
Les douleurs pendant les règles, normales ? Pas toujours. En France, environ 10% des femmes en âge de procréer, soit environ 1,5 millions, seraient touchées par l'endométriose. Elle se caractérise par la présence anormale de tissus semblable à celui de la muqueuse de l'utérus en dehors de la cavité utérine, dans le colon, la vessie, les ovaires, le rectum et même les poumons. Ces cellules réagissent alors aux hormones lors du cycle menstruel, et se désagrègent, comme le fait la muqueuse utérine chaque mois durant les menstruations.

Mais lorsque ces tissus colonisent d'autres organes, leur dégradation sous l'effet des hormones féminines provoque alors des lésions douloureuses. "Les lésions vont donc proliférer, saigner et laisser des cicatrices fibreuses à chaque cycle menstruel", explique l'Inserm dans un dossier consacré à la maladie.

À côté de la douleur, l'endométriose peut aussi rendre les malades infertiles. C'est le cas de 20 à 50% des femmes touchées. "La présence d'amas de tissus, et notamment celle de kystes ovariens, peut créer une barrière mécanique à la fécondation dans le cas de lésions graves", poursuit l'Inserm.

Pour mieux identifier la maladie et améliorer la prise en charge des patientes, une campagne d'information démarre en ce 4 mars 2019, premier jour de Semaine européenne de prévention et d'information sur l'endométriose. Des spots tournés avec des actrices comme Camille Chamoux ou Anna Mouglalis et diffusés sur les réseaux sociaux ainsi que dans les salles de cinéma.

De nouvelles recommandations

La communauté scientifique s'intéresse elle aussi à cette maladie gynécologique. En 2018, de nouvelles recommandations de prise en charge ont été émises par la Haute autorité de santé (HAS) et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF).

"Il est recommandé de prendre en charge l'endométriose lorsqu'elle a un retentissement fonctionnel (douleur, infertilité) ou lorsqu'elle entraîne une altération du fonctionnement d'un organe", et de ne pas dépister "dans la population générale", écrivent ainsi la HAS et le CNGOF.

"De nombreuses questions sont restées sans réponse. En particulier, aucune étude ne compare sur le long terme les bénéfices du traitement médical et du traitement chirurgical", expliquaient les experts.

Pas de traitement satisfaisant pour le moment

Pour l'instant, aucun traitement probant n'a été mis au point. Si certains traitements hormonaux permettent d'amoindrir la douleur, les lésions, elles continuent de progresser. La chirurgie constitue une autre alternative pour les stades plus avancés de la maladie.

Un curetage des trompes, une dévitalisation des nodules par ultrasons ou une ablation de l'utérus peuvent être envisagés. "Les symptômes douloureux peuvent disparaître pendant de nombreuses années, voire totalement. La difficulté chirurgicale est cependant amplifiée dans le cas de petites lésions disséminées ou quand l'intervention induit un rapport risque/bénéfice défavorable, avec par exemple un risque d'incontinence", précise l'Inserm.

Une grande étude lancée par l'APHP

Certains hôpitaux ont mis en place des centres spécialisés, comme l'hôpital Saint Joseph à Paris ou au CHU de Poitiers. En octobre 2018, l'Assistance publique des hôpitaux de Paris (APHP) lançait un appel pour recruter des patientes atteintes d'endométriose. Trajectoires des patientes, symptômes, vécu... autant de détails qui permettent d'aider les médecins à mieux cerner cette pathologie. "

Il est important de développer la recherche épidémiologique sur cette maladie encore taboue pour enfin mieux comprendre son évolution naturelle, les facteurs qui influencent cette évolution, et également identifier ses différentes formes et si possible ses causes"
, expliquait Marina Kvaskoff, épidémiologiste et chercheuse Inserm (Institut national pour la santé et la recherche médicale, Villejuif) qui coordonne ces travaux. Car les causes de l'endométriose sont encore mal connues, d’origines génétiques, immunitaires mais aussi environnementales.






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Les grandes conférences sur le sida sont toujours l’occasion de nouvelles spectaculaires. La Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections, rendez-vous annuel de tous les cliniciens qui s’est ouvert ce lundi à Seattle, ne déroge pas à cette règle basique de communication. Est ainsi présenté le cas d’un deuxième patient, guéri du VIH après une greffe de cellules de moelles osseuses. L’occasion de faire le point sur les notions de guérison, de rémission, voir de stabilisation en matière de VIH.


Timothy Brown, lundi à Seattle. Le «patient de Berlin» est la première personne à avoir été guérie du sida. Photo Manuel Valdes. AP
Timothy Brown, lundi à Seattle. Le «patient de Berlin» est la première personne à avoir été guérie du sida. Photo Manuel Valdes. AP
Guérir du VIH, est-ce possible ?
La notion de guérison est délicate. Elle fait référence à deux cas très particuliers, dont le dernier vient donc d’être présenté à Seattle. Deux patients chez qui on ne trouve plus la moindre trace de virus.

La première histoire a dix ans. On l’appelait alors le «patient de Berlin». Timothy Brown, un jeune Américain avait été testé séropositif en 1995 quand il était étudiant dans la capitale allemande.

C’est après avoir reçu une greffe de moelle osseuse en 2007 pour traiter une leucémie, qu’il a cessé de prendre des antirétroviraux et surprise, il ne montrait plus aucun signe d’infection par le VIH. Les médecins qui le suivaient l’ont alors déclaré guéri. On a alors découvert que la moelle greffée provenait d’un donneur qui avait des cellules immunitaires mutantes résistantes au VIH.

Selon les estimations, 0,3% de la population est doté de cette immunité naturelle au VIH qui provient de la mutation d’un gène dit CCR5. «Je suis la preuve vivante qu’on peut guérir du sida», disait alors Timothy Brown.

C’est ce qui vient de se répéter avec un patient de Londres, chez qui on n’a pas retrouvé la moindre trace de virus, selon les chercheurs. Lui aussi a subi une transplantation de moelle osseuse, en recevant des cellules-souches de donneurs ayant une mutation génétique rare qui empêche le VIH de s’installer.

«En parvenant à une rémission sur un deuxième patient tout en utilisant une approche similaire, nous montrons que le "patient de Berlin" n’a pas été une anomalie», s’est félicité le principal chercheur Ravindra Gupta, professeur à l’Université de Cambridge. Mais il souligne «que la transplantation de moelle osseuse, intervention délicate, dangereuse et douloureuse, n’est évidemment pas une option viable pour le traitement du VIH».

Reste donc un modèle. Le VIH utilisant la plupart du temps le CCR5 comme récepteur pour s’intégrer à la cellule, la mutation dudit gène empêche manifestement le virus de pénétrer dans les cellules hôtes, ce qui rend les porteurs de cette mutation protégés du virus du sida. «Ces cas de guérison nous donnent des éléments de recherche passionnants», explique un chercheur français.

La rémission complète existe-t-elle ?
Oui, mais c’est rarissime. Petit retour en arrière. Les traitements antirétroviraux (ARV) sont apparus en 1996. Depuis ils se sont affinés, simplifiés et, surtout, sont devenus particulièrement efficaces.

Ainsi, plus de 90% des patients qui sont sous ARV ont une charge de virus indétectable, c’est-à-dire que l’on ne retrouve plus de traces de particules virales circulant dans leur sang. Mais pour autant, le virus n’a pas disparu ; il reste tapi dans des réservoirs, comme certains ganglions. Et dès que le patient arrête son traitement, le virus se reproduit.

Mais voilà, il y a des cas de rémission complète. En juillet 2015, une équipe de virologue de l’Institut Pasteur a fait état d’une rémission exceptionnelle. Il s’agissait alors d’une jeune fille de 19 ans née séropositive. Pendant les premières années de sa vie, elle a été traitée avec des ARV. Puis à l’âge de 5 ans, ses parents disparaissent avec elle pendant un an et demi. Elle ne reçoit plus de thérapie. Quand elle revient à l’hôpital, à 6 ans et demi, les médecins qui l’examinent sont surpris : aucune trace du virus, et aucune trace d’activité virale.

En 2015, douze ans après, alors qu’elle ne suit plus aucun traitement, elle va très bien et on ne décèle plus la moindre trace de virus dans son sang. «Elle est en complète rémission, mais c’est un cas rarissime», expliquait alors le docteur Asier Sáez-Cirión, virologue à l’Institut Pasteur. Cela ne voulant pas dire pour autant que le virus ait complètement disparu de l’organisme de la jeune fille.

Y a-t-il des patients qui vivent bien sans traitement ?
Oui. Il existe des groupes de patients qui vivent avec le VIH sans problème, sans que le virus ne se reproduise. Comme si leurs organismes avaient réussi à s’adapter.

Parmi eux, il y a ceux que l’on appelle les «contrôleurs du VIH». C’est un groupe très particulier de personnes qui ont été infectées par le sida, mais chez qui, sans le moindre traitement, l’organisme et le système immunitaire ont contrôlé la suite de l’infection. Le virus est certes là, dormant, mais il ne bouge pas, comme replié en silence.

Selon des études françaises et américaines, ils sont peu nombreux, entre 0,3% et 0,6% des personnes infectées à travers le monde. Dans les années 90, on avait mis en exergue l’histoire de prostituées kenyanes qui avaient été infectées mais vivaient depuis sans maladie. «Chez ces personnes, il y a un facteur génétique important», faisait remarquer Jean-François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de recherche contre le sida et les hépatites.

Un autre groupe existe. Il s'agit de personnes qui ont été contaminées mais ont été traitées très précocement, c’est-à-dire très peu de temps après leur contamination. Elles ont reçu, alors, des thérapies pendant un certain temps. Mais pour des raisons variées, elles ont ensuite arrêté leur traitement et leur organisme a contrôlé le virus. En France, il y a quelques dizaines de patients connus de ce type, regroupés dans ce que l’on appelle la cohorte Visconti.







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