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Scandale d'Etat: Tokyo tétanisé par le trucage de ses statistiques économiques

Pour mesurer l'état de la santé économique du pays, sept ministères japonais conduisent régulièrement 56 grandes enquêtes, dont ils compilent ensuite méthodiquement les données. Ils viennent de reconnaître qu'au moins 23 enquêtes avaient été effectuées de manière irrégulière pendant des années.


Rédigé par leral.net le Vendredi 1 Février 2019 à 08:51 | | 0 commentaire(s)|

Et les révélations s'enchaînent. Lundi, le ministère du Travail a indiqué qu'il avait découvert d'importantes erreurs dans ses statistiques officielles portant sur la structure des salaires des travailleurs du pays. Le ministère envoyait des mails avec des questions plutôt que d'interroger directement les employés sélectionnés pour l'étude.

Au Parlement, la découverte du scandale a réveillé l'opposition, qui dénonce des erreurs inexcusables et soupçonne même le gouvernement de Shinzo Abe, d'avoir voulu sciemment maquiller les données officielles afin d'embellir les résultats très limités de sa politique économique baptisée « Abenomics ».

Hausse moindre des salaires

Pour l'instant, les révisions apportées par les ministères à leurs anciennes données n'ont pas bouleversé les tendances avancées par l'Exécutif. Mais elles en ont, dans certains cas, limité l'ampleur.

Tokyo a par exemple dû admettre que la hausse nominale des salaires qu'il avait annoncée sur les onze premiers mois de 2018, n'était pas aussi dynamique qu'il l'avait initialement proclamé. Le gouvernement avait évoqué une hausse de 3,3 % en glissement annuel en juin. D'après ses dernières estimations, cette poussée était plutôt de 2,8 %. Cette révision fait suite à la découverte de graves irrégularités, en fin d'année dernière, dans les méthodes du ministère du Travail.

Pour estimer l'évolution des revenus des employés, les fonctionnaires doivent normalement récupérer, chaque mois, les données de toutes les entreprises de plus de 500 employés. Mais à Tokyo, ils n'auraient finalement contacté, entre 2004 et 2017, qu'un tiers de ces groupes. Les grandes sociétés payant traditionnellement mieux leurs effectifs, les chiffres présentés officiellement ont été, dès lors, sous-évalués et ont faussé tous les mouvements mis en avant plus tard par l'Exécutif.

Les chômeurs floués

Plus ennuyeux encore, ces fausses statistiques ont conduit l'administration à distribuer des allocations-chômage sous-évaluées. Les chômeurs et d'autres bénéficiaires d'aides sociales auraient été floués d'un montant total de 53 milliards de yens, soit 420 millions d'euros.

Très embarrassé par ce nouveau scandale qui intervient à un moment où le Japon voit sa croissance ralentir et ses espoirs d'inflation s'évaporer, Shinzo Abe a promis, lundi, que les 20 millions de « victimes » de ces erreurs statistiques, seraient rapidement dédommagées. « Nous allons faire tout notre possible pour payer le plus rapidement possible ce qui est dû en utilisant des procédures simples », a martelé le Premier ministre, avant de s'excuser pour les erreurs de l'administration. Il a encore assuré que ce scandale ferait l'objet d'une enquête complète afin de restaurer la confiance dans les statistiques publiques.







Les Echos



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