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Sommet Italie-Afrique / Le Président Macky Sall : « Aucun développement n’est possible sans infrastructures et pour l’Afrique, tout est prioritaire »

Rédigé par leral.net le Lundi 29 Janvier 2024 à 13:10 | | 0 commentaire(s)|

In extenso, l’intégralité du discours du Président de la République du Sénégal, Macky Sall à la Session I sur le thème Coopération, développement économique et infrastructures

Madame la Présidente du Conseil des Ministres italien,
Monsieur le Président en exercice de l’Union africaine,
Madame la Présidente du Parlement européen,
Monsieur le Président du Conseil européen, Charles Michel,
Madame la Présidente de la Commission européenne,
Monsieur le Président de la Commission de l’Union africaine,
Madame la Vice-SG des Nations Unies,
Monsieur le Président du Groupe de la Banque africaine de Développement,
Mesdames, messieurs les Ministres,
Mesdames, messieurs,


J’aimerais d’abord remercier notre hôte, Madame Giorgia Meloni, Présidente du Conseil des Ministres italien, pour son aimable invitation et pour l’accueil convivial qui nous a été réservé à l’occasion de Sommet Italie-Afrique. Je salue également la décision italienne de faire de l’Afrique une des priorités de sa Présidence du G7, avec, à l’appui, le Plan Mattei.

La thématique coopération, développement et infrastructures, qui ouvre nos travaux pour les cinq sessions, revêt une importance capitale pour l’Afrique.

Je n’insisterai pas ici sur la pertinence de la coopération pour le développement, ni sur le rôle fondamental des infrastructures comme base de tout processus de développement.

Aucun développement n’est possible sans infrastructures. Et pour l’Afrique, tout est prioritaire.

Je voudrais surtout souligner ici la nécessité urgente d’instaurer un nouvel état d’esprit dans la coopération avec l’Afrique.

Nous avons besoin de changer de logiciel, en passant de la logique de l’aide à celle de l’investissement et du partenariat.

Cela veut dire que les plans dédiés à l’Afrique doivent aussi faire l’objet de concertations préalables pour convenir des priorités, des conditions et des modalités d’exécution de ces plans. Cela me parait très important.

En outre, si nous voulons abandonner les vieilles recettes qui ne marchent plus, il est de notre intérêt commun de lever les obstacles qui entravent la coopération et le partenariat avec l’Afrique.

Quatre conditions me paraissent nécessaires pour ce faire :

Ø Premièrement, revoir les critères de notation des Agences d’évaluation qui ont toujours tendance à exagérer le risque d’investissement en Afrique ; ce qui accroit les primes d’assurance et renchérit le coût de l’investissement. C’est pourquoi l’Afrique est non seulement sous financée en volume, mais également mal financée avec le coût élevé du crédit.

Ø Deuxièmement, assouplir les règles de l’OCDE pour les prêts crédits export, en baissant les primes de risque et en allongeant les périodes de remboursement.

Cela permettra de mobiliser des ressources plus significatives en complément des fonds concessionnels pour financer des secteurs clefs du développement : infrastructures, énergie, agriculture, eau, assainissement, santé, éducation, entre autres.

Je voudrais souligner ici que les infrastructures sont rentables en Afrique, que soit les autoroutes à péages, les ponts, les ports et les aéroports, ainsi que les centrales électriques.

Ø Troisièmement, promouvoir davantage les financements mixtes qui associent les fonds concessionnels et les financements commerciaux. Il faut accompagner les investisseurs privés par des mécanismes de financement appropriés.

Ø Quatrièmement, enfin, il faut réformer nos procédures aussi bien du côté des pays partenaires et pays bénéficiaires, pour raccourcir les délais de conception et d’exécution des projets.

L’Afrique a des besoins multiples et urgents, dont la satisfaction demande plus de diligence dans le traitement des dossiers de projets. Sinon, nous passerons plus de temps à discuter de procédures et de formalités qu’à réaliser les projets attendus par nos populations.

Nous devons travailler ensemble dans ce sens. Il n’y a pas d’incompatibilité entre la diligence et la transparence et le respect des autres normes qui encadrent la coopération pour le développement.

Voilà les quelques réflexions que je voudrais soumettre à notre session en vous remerciant de votre aimable attention.