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Guy Désiré Yaméogo, le cinéaste burkinabè qui a fait de l'enfance son sujet et du FESPACO sa maison

Rédigé par leral.net le Mardi 8 Septembre 2026 à 09:00 | | 0 commentaire(s)|

Sociologue de formation, passé par l'école de cinéma de La Havane et par la Fémis, Guy Désiré Yaméogo a signé dès 1997 un court-métrage primé à Cannes et au FESPACO. Depuis, il écrit des séries populaires, forme des jeunes et occupe depuis plus de vingt ans des postes clés du plus grand festival de cinéma d'Afrique.


On connaît le FESPACO, on connaît rarement ceux qui le font tourner. Guy Désiré Yaméogo appartient à cette catégorie : un cinéaste dont le nom circule moins que les films, mais dont l'empreinte sur le cinéma d'Afrique de l'Ouest est difficile à surestimer.

Une formation à trois continents

Diplômé en sociologie de l'université de Ouagadougou, il se forme ensuite à l'École internationale de cinéma et de télévision de San Antonio de los Baños, à Cuba — l'école fondée par Gabriel García Márquez et Fernando Birri, qui a accueilli des générations de cinéastes du Sud. Il complète son écriture à la Fémis à Paris, à Bruxelles et à l'Institut national de l'audiovisuel.

Ce parcours dit quelque chose de sa génération : celle qui n'a pas attendu que les écoles existent chez elle pour apprendre le métier.

1997 : Cannes et Ouagadougou la même année

Son court-métrage Si longue que soit la nuit, consacré aux réalités difficiles de l'enfance, obtient en 1997 le Prix de la coopération française au Festival de Cannes et le Prix spécial du jury au FESPACO. Une double reconnaissance rare pour un premier travail remarqué.

L'enfance restera un fil conducteur. En 2002, Le Pacte, produit par la Fémis, lui vaut le Prix Djibril Diop Mambéty pour la jeunesse — du nom du cinéaste sénégalais disparu en 1998.

Trente ans d'écriture

Sa filmographie mêle fiction, documentaire et séries : Faire face (1996), Les Héritiers (mini-série, 1998), Sol en dif et Les laissés pour compte (documentaires, 1999), Les aventures de Madou le petit berger (série jeunesse), Un pas, deux pas (2000), la série Ina (2005), Quand les éléphants se battent (2006), Rupture à froid de Habibou Zoungrana (2007), et sa première fiction longue, Danse sacrée à Yaka (2009).

Il écrit aussi pour la cause : La rue n'est pas le paradis, mini-série pour Médecins sans frontières, Une femme pas comme les autres pour Abdoulaye Dao, ou Trois hommes, un village, coécrit avec Aminata Diallo.

L'homme des institutions

Pendant plus de vingt ans, il occupe au FESPACO les fonctions de chef du département Festival, chef du Marché du film, conseiller du délégué général, et siège au comité international de sélection en 2021, 2023 et 2025. En 2022, il préside le comité d'organisation des Journées cinématographiques de la femme africaine de l'image, à Banfora et Ouagadougou.

C'est là que se joue une part décisive du cinéma africain : dans la sélection, la programmation, le marché — c'est-à-dire dans ce qui décide si un film sera vu.

Portrait rédigé par Leral d'après la publication de la page Cinéma Sénégalais SI KANAM, signée Ousmane Aby COLY, dans le cadre du partenariat éditorial entre Leral et la page. Les éléments de filmographie et de parcours sont ceux communiqués par la page et n'ont pas fait l'objet d'une vérification indépendante titre par titre.




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