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Mercredi 8 Juillet 2026

Affaire Jérôme Badiaky : le parquet requiert cinq ans de prison contre le « Sniper » et trois ans contre Sakory Ka


Le procès de Jérôme Badiaky, alias « Sniper », et de Sakory Ka s’est tenu ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Dakar. Le ministère public a requis des peines fermes pour des faits liés notamment à la détention et au trafic présumé d’armes. Le jugement est attendu le 22 juillet 2026.



Le dossier Jérôme Badiaky, surnommé le « Sniper », et Sakory Ka a connu une nouvelle étape ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Dakar. À l’issue des débats, le parquet a requis des peines d’emprisonnement ferme contre les deux prévenus.

Le ministère public a demandé cinq ans de prison ferme et une amende de 5 millions de francs CFA contre Jérôme Badiaky. À l’encontre de Sakory Ka, frère de l’ancien ministre Doudou Ka, le procureur a requis trois ans d’emprisonnement ferme assortis d’une amende de 2 millions de francs CFA.

Jérôme Badiaky, placé sous mandat de dépôt depuis le 25 septembre 2024, est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment la détention d’armes sans autorisation administrative, le trafic illicite d’armes, l’usurpation de fonctions publiques civiles ou militaires, l’escroquerie portant sur les avantages de l’État ainsi que des actes présumés susceptibles de compromettre la sécurité publique.

Sakory Ka, incarcéré depuis le 28 novembre 2024, comparaît principalement pour des faits présumés de détention et de trafic illicite d’armes.

Des saisies au cœur du dossier

L’affaire avait débuté après l’interpellation de Jérôme Badiaky par la Division des investigations criminelles (DIC), le 18 septembre 2024. Les perquisitions réalisées dans un appartement au Plateau et dans une résidence à Grand-Mbour avaient permis de découvrir des sommes d’argent, trois passeports diplomatiques, des équipements de sécurité, deux armes à feu, des munitions ainsi que du matériel de communication.

À la barre, Jérôme Badiaky a contesté les accusations portées contre lui. Il a expliqué que les équipements retrouvés appartenaient à sa société de sécurité Sniper Sécurité, affirmant avoir commis uniquement une « erreur administrative » concernant une arme obtenue avant l’autorisation officielle.

Concernant ses passeports diplomatiques, il a soutenu qu’ils lui avaient été délivrés lorsqu’il assurait la sécurité de l’ancien président Macky Sall et de l’ancienne Première ministre Aminata Touré.

Sakory Ka conteste les accusations

De son côté, Sakory Ka a nié toute implication dans un quelconque trafic d’armes. Il a affirmé que les armes découvertes à son domicile étaient couvertes par des autorisations régulières et destinées à ses activités de chasse.

Ses avocats ont plaidé la relaxe, estimant que les éléments du dossier ne permettaient pas d’établir les infractions reprochées à leur client.

Des non-lieux dans le dossier

Dans l’instruction, le juge avait accordé un non-lieu à Samba Ba, alias « Mbeuss », estimant que les accusations reposaient uniquement sur les déclarations d’un témoin non corroborées par d’autres éléments.

S’agissant de Sakory Ka, un non-lieu partiel avait également été prononcé concernant certains faits, le magistrat ayant retenu que les armes découvertes chez lui étaient autorisées.

La défense dénonce une affaire à dimension politique

Les avocats de Jérôme Badiaky ont contesté la procédure et dénoncé une affaire qu’ils considèrent comme injustifiée. Me Aboubacry Barro a notamment soutenu que son client était « un chef d’entreprise » et non un criminel, estimant que le dossier aurait été influencé par le contexte de la disparition des gendarmes Fulbert Sambou et Didier Badji.

D’autres conseils de la défense ont également évoqué une dimension politique du dossier et plaidé la relaxe.

Après les réquisitions du parquet et les plaidoiries de la défense, l’affaire a été mise en délibéré. Le tribunal correctionnel de Dakar rendra sa décision le 22 juillet 2026.






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