Leral.net - Sénégal
leral.net | S'informer en temps réel
People

Djingarey Abdoulaye Maïga, le dernier pionnier du cinéma nigérien

Releveur de compteurs devenu cinéaste, il a signé neuf films en un demi-siècle et tourne encore, à plus de 85 ans.

Rédigé par leral.net le Dimanche 6 Septembre 2026 à 09:00 | | 0 commentaire(s)|

Acteur, réalisateur, scénariste, directeur de la photographie et producteur : Djingarey Abdoulaye Maïga appartient à la génération qui a posé les premières pierres du cinéma nigérien. À plus de quatre-vingts ans, celui que l'on surnomme « le dernier des Mohicans » continue de tourner. Son parcours, commencé derrière un compteur électrique à Niamey, raconte cinquante ans de création cinématographique africaine.


Un compteur électrique avant la caméra

Djingarey Abdoulaye Maïga, réalisateur nigérien, né en 1939.
Djingarey Abdoulaye Maïga, réalisateur nigérien, né en 1939.
Né le 17 octobre 1939 à Ouatagouna, au Mali, Djingarey Abdoulaye Maïga n'était en rien destiné au cinéma. Après sa scolarité, il rejoint Niamey et y travaille comme releveur à la SAFELEC, l'ancêtre de la NIGELEC, la société nigérienne d'électricité.

En 1961, une passion prend racine. Il découvre le septième art et se rapproche de l'un de ses grands précurseurs au Niger, Moustapha Alassane. La rencontre décidera de tout.

1968 : devant la caméra d'Alassane

En 1968, Djingarey Maïga tient le rôle principal du « Retour d'un aventurier », réalisé par Moustapha Alassane. Deux ans plus tard, il apparaît dans « FVVA », toujours sous sa direction, dans un rôle secondaire.

En 1971, il franchit le pas : il quitte son emploi à la SAFELEC pour devenir assistant-réalisateur auprès d'Alassane. Il apprend, observe, expérimente, et forge son propre regard.

« Le Ballon » et le début d'une œuvre

En 1972, il réalise son premier film, « Le Ballon ». Le rôle principal est tenu par son fils aîné, âgé de six ans ; lui-même assure la caméra.

Suivent « L'Étoile Noire » en 1975, « Aube Noire » en 1983, « Miroir Noir » en 1994, « Vendredi Noir » en 2000. Le mot revient de film en film jusqu'à devenir une signature : le noir, la lumière, les zones d'ombre de la société.

Filmer malgré tout

En 2008, il achève « La Quatrième Nuit Noire », tourné dans des conditions difficiles, faute de moyens. Il ne renonce pas pour autant : « Au Plus Loin dans le Noir » paraît en 2014, « Le Cerveau Noir » en 2016.

Cette obstination dit une réalité que connaissent bien les cinéastes du continent : porter des ambitions artistiques considérables avec des budgets qui ne le sont pas.

La consécration en 2019

En 2019, son neuvième film, « Un Coin de Ciel Noir », remporte quatre distinctions au Festival Toukounchi, dont le Prix Paulin Vieyra de la critique africaine.

La récompense vient couronner près d'un demi-siècle de création. Elle dit aussi ce qu'a été cette génération de pionniers : des hommes qui devaient maîtriser plusieurs métiers à la fois — écrire, cadrer, produire, jouer — pour que leurs films existent.



Aussi dans People