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Alain Bernard Diémé, l'acteur que le cinéma sénégalais appelle quand il faut de la gravité

Rédigé par leral.net le Lundi 7 Septembre 2026 à 09:00 | | 0 commentaire(s)|

Né à Saint-Louis en 1966, formé à l'École nationale des arts de Dakar, Alain Bernard Diémé a débuté comme figurant chez Ousmane Sembène. Trente ans plus tard, son nom revient au générique de Marodi, de Canal+ Afrique, d'Arte et des films d'auteur sénégalais — sans qu'il ait jamais cherché la lumière.


Il y a des comédiens dont on connaît le visage sans savoir le nom. Alain Bernard Diémé est de ceux-là. Depuis une trentaine d'années, il traverse le théâtre, le cinéma et les séries sénégalaises en tenant les rôles qui donnent du poids à une scène : le guide spirituel, l'autorité, l'homme que le système écrase.

Saint-Louis, puis l'École des arts

Il naît en 1966 à Saint-Louis, entre le fleuve et la mer. C'est au lycée, lors des journées culturelles, qu'il se fait d'abord remarquer sur scène. Il entre ensuite à l'École nationale des arts de Dakar, en section art dramatique — la filière qui a formé une large part des comédiens sénégalais de sa génération.

Une porte ouverte par Sembène

Le tournant, selon le récit qu'en fait la page Cinéma Sénégalais SI KANAM, se joue au début des années 1990 : Ousmane Sembène le remarque. Le patriarche du cinéma africain l'engage comme figurant dans Faat Kiné, sous le pseudonyme d'Alpha.

Un rôle minuscule, mais une école. Débuter chez Sembène, c'est hériter d'une certaine idée du cinéma : celle d'un art qui regarde la société en face. Sa filmographie ultérieure porte cette marque.

Une double vie

Le détail dit beaucoup de la condition des comédiens sénégalais : pendant des années, Diémé a mené en parallèle une carrière d'agent de terrain à la SAT Dakar. Le métier d'acteur, même régulier, ne suffit pas toujours à faire vivre son homme.

La décennie des séries

Son nom apparaît chez Marodi, chez Even Prod, sur Canal+ Afrique et jusque dans une coproduction franco-sénégalaise diffusée par Arte. Parmi ses apparitions relevées : Maison de Justice de Fabacary A. Coly, Black and White de Moussa Sène Absa (2019), Mœurs (2020) et Idoles (2021) pour Even Prod, Déchéances (2022) et Rebelles — série de Marodi restée dans les cartons pour cause de censure —, Lakanetane d'Angèle Diabang (2023), Blood River de Pierre Aknine (2024, Arte), Lex Africana (Canal+ Afrique, 2024), Less Waxul, Le Piège (A+ / Marodi, 2025), Âme perdue (2025), ainsi que Banlieusards 3 de Kery James et Journée Noire de Yoro Mbaye.

Un jeu qui ne force rien

Ce qui revient dans les descriptions de son travail, c'est la sobriété. Peu d'effets, une présence qui tient à la justesse plutôt qu'à l'ampleur. Dans une production télévisuelle sénégalaise qui tourne vite et beaucoup, ce type d'acteur est une valeur sûre : il tient une scène sans la tirer à lui.

Portrait rédigé par Leral d'après la publication de la page Cinéma Sénégalais SI KANAM, signée Ousmane Aby COLY, dans le cadre du partenariat éditorial entre Leral et la page. Les éléments de filmographie sont ceux communiqués par la page et n'ont pas fait l'objet d'une vérification indépendante titre par titre.




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